Retour sur février
La plupart des marchés boursiers mondiaux ont progressé au cours d’un mois marqué par des bouleversements économiques et géopolitiques et une volatilité accrue, celui des États-Unis étant une exception notable. Les actions canadiennes ont mené la danse : l’indice composé S&P/TSX a gagné 7,7 %, 10 des 11 secteurs GICS enregistrant une hausse. Les matériaux (+21,7 %), la consommation discrétionnaire (+10,5 %) et la consommation de base (+10,0 %) ont terminé le mois en tête de peloton. Le secteur des technologies de l’information (-6,2 %) a été le seul à reculer. À l’opposé, les marchés boursiers américains ont accusé un certain recul, comme en témoigne la baisse de 0,8 % de l’indice S&P 500 au cours du mois. Les marchés des titres à revenu fixe ont eux aussi généré des rendements positifs, les obligations canadiennes ayant gagné 1,7 % et les obligations américaines, 1,6 %. Les produits de base ont inscrit des résultats contrastés. L’or s’est apprécié de 10,6 % et le pétrole, de 3,5 %, mais le prix du gaz naturel a chuté de 29,0 %. Les marchés émergents ont surclassé les marchés développés, l’indice MSCI Marchés émergents ayant progressé de 5,5 % au cours du mois.
Voici quelques faits saillants du mois de février :
Le conflit au Moyen-Orient fait flamber les cours du pétrole. Après plusieurs semaines de tensions croissantes, les États-Unis et Israël ont lancé des frappes militaires coordonnées contre l’Iran le 28 février. Selon les déclarations de responsables américains, ces frappes ciblant des sites militaires et nucléaires visaient à empêcher l’Iran de mettre au point l’arme atomique et à réduire les menaces qu’elle fait peser sur la sécurité. L’Iran a riposté en lançant des missiles sur différentes bases israéliennes et américaines de la région. L’escalade des tensions a fait monter d’un cran le risque d’un conflit régional plus large et l’incertitude liée aux marchés mondiaux de l’énergie. Les cours du pétrole ont augmenté en début de séance en raison des craintes de perturbations possibles de l’approvisionnement, bien que l’impact à long terme dépendra de l’évolution de la situation.
L’économie canadienne se contracte au T4 de 2025. Le PIB réel du Canada a diminué de 0,2 % au quatrième trimestre de 2025. Ce recul est venu annuler le gain de 0,6 % enregistré au troisième trimestre, faisant du Canada le seul pays du G7 à afficher une croissance négative au cours de cette période. La contraction du PIB est en grande partie attribuable à la réduction des stocks par les entreprises, en particulier dans le secteur manufacturier et le commerce de gros. Les exportations ont augmenté de 1,5 % au cours du trimestre, soutenues par l’or et l’aluminium. Les importations ont également enregistré une légère hausse. Pour l’ensemble de l’année, les exportations ont diminué en raison de la baisse de la demande américaine. Les importations ont elles aussi reculé, les gains du quatrième trimestre n’ayant pas suffi à compenser la dégringolade du troisième trimestre. Les dépenses des ménages et les investissements publics ont apporté une compensation partielle.
| Indice† | Variation (%) | Niveau de l'indice | ||
|---|---|---|---|---|
| 1 mois | Cumul annuel | 1 an | ||
| Bons du Trésor (indice des bons du Trésor à 60 jours FTSE Canada) | 0,17 | 0,35 | 2,61 | 191,55 |
| Obligations canadiennes (indice des obligations universelles FTSE Canada) | 1,66 | 2,25 | 3,04 | 1 226,75 |
| Actions canadiennes (indice composé S&P/TSX) | 7,72 | 8,63 | 40,35 | 34 339,99 |
| Obligations américaines (indice Bloomberg U.S. Aggregate Bond, $ US) | 1,64 | 1,75 | 6,68 | 2 389,86 |
| Actions américaines (indice S&P 500, $ US) | -0,76 | 0,67 | 18,83 | 6 878,88 |
| Actions mondiales (indice MSCI Monde, $ US) | 0,76 | 3,04 | 23,11 | 4 556,79 |
| Marchés émergents (indice MSCI Marchés émergents, $ US) | 5,50 | 14,85 | 47,19 | 1 610,70 |
| Devises† | Variation (%) | Taux de change | ||
|---|---|---|---|---|
| 1 mois | Cumul annuel | 1 an | ||
| $ CA/$ US | -0,20 | 0,62 | 5,85 | 0,7331 |
| $ CA/euro (€) | 0,13 | 0,03 | -6,84 | 0,6206 |
| $ CA/livre sterling (£) | 1,32 | 0,54 | -1,09 | 0,5437 |
| $ CA/yen (¥) | 0,60 | 0,13 | 10,24 | 114,402 |
| Produits de base ($ US)† | Variation (%) | Prix | ||
|---|---|---|---|---|
| 1 mois | Cumul annuel | 1 an | ||
| Or au comptant ($/once) | 10,60 | 19,98 | 72,41 | 5 247,90 |
| Pétrole WTI ($/baril) | 3,52 | 17,43 | 2,09 | 67,02 |
| Gaz naturel ($/MBTU) | -29,00 | -9,32 | -21,65 | 2,86 |
† Rendement total au 28 février 2026; indices libellés dans leur monnaie locale.
Source : Bloomberg
Les indices ne sont pas gérés et il n’est pas possible d'y investir directement.
Les marchés boursiers ébranlés par un exercice de réflexion sur l’intelligence artificielle. Un rapport de Citrini Research, qui présentait un scénario hypothétique dans lequel l’IA pourrait remplacer un nombre considérable d’emplois, a déclenché la vente massive de plusieurs actions détenues par un grand nombre d’investisseurs. Si cet exercice ne se voulait en rien une prédiction, le rapport a tout de même soulevé des préoccupations quant aux risques économiques à long terme liés à une adoption rapide de l’IA. Incertains de l’effet qu’aura l’IA sur les modèles d’affaires, les investisseurs ont réévalué le potentiel de génération de bénéfices des sociétés ainsi que leurs hypothèses de croissance, et les actions de sociétés de technologies, de solutions de paiement et de logiciels sont soudainement devenues volatiles.
Le saviez-vous?
La Cour suprême des États-Unis a récemment déclaré illégale l’utilisation, par le président Trump, de pouvoirs d’urgence en vertu de l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA) pour imposer tous azimuts des droits de douane sur les marchandises importées. La Cour a stipulé que la loi ne confère pas au président le pouvoir de fixer des droits de douane unilatéralement, et que le Congrès doit par ailleurs approuver de telles mesures commerciales. À la suite de cette décision, certaines entreprises ont exigé le remboursement des droits de douane déjà payés. La décision a également relancé le débat sur la politique commerciale des États-Unis et sur l’équilibre des pouvoirs entre le Congrès et le pouvoir exécutif, certaines entreprises allant même jusqu’à vendre leurs demandes de règlement potentielles à des investisseurs.
Points de vue de nos gestionnaires de portefeuille
L’IA est demeurée le thème dominant des marchés en février, même si le mode de participation des investisseurs a évolué. Après un début d’année volatil pour certains des plus grands noms des technologies et des logiciels, l’attention s’est déplacée vers les « fournisseurs » de l’IA, soit les fabricants de puces et de mémoire et les fournisseurs d’équipement qui alimentent l’infrastructure derrière la technologie. Ces entreprises connaissent une forte demande, car les dépenses liées à l’IA et aux centres de données restent élevées, et l’offre plus restreinte contribue à maintenir à un haut niveau les prix et les attentes en matière de bénéfices. En outre, le marché n’est plus presque entièrement dominé par une poignée de titres technologiques à mégacapitalisation.
Les investisseurs sont toujours disposés à payer pour une croissance réelle propulsée par l’IA, comme en témoigne le cours des plus grandes actions technologiques. Ils tracent toutefois une ligne claire entre les entreprises qui se contentent de réaliser d’importantes dépenses en IA et celles qui en tirent profit. Les titres liés au matériel informatique et aux infrastructures ont enregistré des gains, mais ceux de certaines sociétés de logiciels ont subi des pressions, les marchés réévaluant les modèles d’affaires et la rapidité avec laquelle l’IA se traduira en bénéfices. Tout cela ne fait qu’accroître l’importance d’être sélectif.
« Les marchés commencent à faire la distinction entre les bâtisseurs, les acheteurs et les bénéficiaires de l’IA. Nous voulons que nos portefeuilles investissent dans les sociétés qui profiteront de l’adoption de l’IA et de la mise en place des infrastructures connexes, tout en évitant de trop miser sur un seul thème précis. C’est là que la diversification et la gestion active se rejoignent : tabler sur les tendances durables de l’IA tout en gérant les risques liés aux titres qui se négocient massivement et aux thèmes qui changent constamment. »
— Craig Maddock, v.-p. et gestionnaire de portefeuille principal, chef de l’équipe Gestion multi-actifs