Retour sur le mois de mars
Les tensions géopolitiques ont pris de l’ampleur, intensifiant la volatilité des marchés et pesant sur les obligations et les actions à l’échelle mondiale. Au Canada, l’indice composé S&P/TSX a perdu 4,3 %, plombé par le secteur des matériaux (-16,3 %). Les actions américaines ont aussi reculé, le S&P 500 ayant fléchi de 5,0 %; l’énergie est le seul secteur qui a inscrit des gains. Les marchés des titres à revenu fixe ont perdu de la vigueur, la hausse des rendements ayant freiné les résultats, étant donné les préoccupations inflationnistes causées par les prix de l’énergie élevés et les risques géopolitiques. Le secteur des marchandises a produit des résultats variables : les prix du pétrole ont bondi (51,6 %), l’or s’est déprécié (-11,5 %) et les prix du gaz naturel sont restés essentiellement stables. Les marchés émergents ont été à la traîne, l’indice KOSPI (Corée du Sud) s’approchant d’un marché baissier dans un contexte de hausse des prix du pétrole, de préoccupations inflationnistes et d’incertitude quant à l’impact de la nouvelle technologie de Google qui pourrait perturber la demande de puces mémoire.
Voici quelques faits saillants du mois de mars :
Le conflit au Moyen-Orient fait flamber les cours du pétrole. Le 28 février, les États-Unis et Israël ont lancé des frappes militaires coordonnées contre l’Iran, qui ont été suivies d’opérations ciblées pendant tout le mois de mars, intensifiant les tensions au Moyen-Orient. Selon les déclarations de responsables américains, ces frappes visaient à empêcher l’Iran de mettre au point l’arme atomique et à réduire les menaces qu’elle fait peser sur la sécurité dans la région. Les frappes ont ciblé des sites militaires et nucléaires, et ont amené l’Iran à riposter en lançant des missiles sur différentes bases israéliennes et américaines. L’escalade des tensions a fait monter le risque d’un conflit régional plus large et l’incertitude liée aux marchés mondiaux de l’énergie. Les prix du pétrole ont bondi, nuisant aux marchés importateurs de pétrole, en particulier en Asie et en Europe, où la hausse des coûts de l’énergie a nourri les préoccupations inflationnistes et exercé une pression sur les marchés boursiers et obligataires.
Les marchés pétroliers mondiaux se resserrent à mesure que les perturbations de l’offre font grimper les prix. Les marchés pétroliers ont subi d’importantes perturbations en mars, les tensions géopolitiques ayant compromis l’approvisionnement mondial. La baisse du trafic de pétroliers dans le détroit d’Ormuz – une route clé pour les expéditions mondiales de pétrole – a restreint l’offre et contribué à la hausse des prix. Le cours du Brent brut a fortement augmenté pendant la période. Il a terminé mars au-dessus de 100 $ le baril pour inscrire l’une des hausses mensuelles les plus importantes depuis des décennies. Les attaques contre des infrastructures énergétiques de la région ont accru davantage les risques d’approvisionnement et la volatilité. Ces facteurs ont contribué au resserrement des marchés de l’énergie et fait croître l’incertitude entourant l’inflation à l’échelle mondiale.
| Indice† | Variation (%) | Niveau de l'indice | ||
|---|---|---|---|---|
| 1 mois | Cumul annuel | 1 an | ||
| Bons du Trésor (indice des bons du Trésor à 60 jours FTSE Canada) | 0,18 | 0,53 | 2,51 | 191,89 |
| Obligations canadiennes (indice des obligations universelles FTSE Canada) | -1,97 | 0.23 | 0.84 | 1 202,54 |
| Actions canadiennes (indice composé S&P/TSX) | -4,28 | 3,97 | 34,89 | 32 768,04 |
| Obligations américaines (indice Bloomberg U.S. Aggregate Bond, $ US) | -1,76 | -0.05 | 4,35 | 2 347,75 |
| Actions américaines (indice S&P 500, $ US) | -4,98 | -4,35 | 17,77 | 6 528,52 |
| Actions mondiales (indice MSCI Monde, $ US) | -6,32 | -3,47 | 19,41 | 4 258,31 |
| Marchés émergents (indice MSCI Marchés émergents, $ US) | -13,04 | -0,13 | 30,26 | 1 397,20 |
| Devises† | Variation (%) | Taux de change | ||
|---|---|---|---|---|
| 1 mois | Cumul annuel | 1 an | ||
| $ CA/$ US | -1,98 | -1,37 | 3,40 | 0,7186 |
| $ CA/euro (€) | 0,24 | 0,27 | -3,19 | 0,6221 |
| $ CA/livre sterling (£) | -0,07 | 0,46 | 0,99 | 0,5433 |
| $ CA/yen (¥) | -0,29 | -0,17 | 9,44 | 114,068 |
| Produits de base ($ US)† | Variation (%) | Prix | ||
|---|---|---|---|---|
| 1 mois | Cumul annuel | 1 an | ||
| Or au comptant ($/once) | -11,52 | 6,17 | 42,28 | 4 678,60 |
| Pétrole WTI ($/baril) | 51,56 | 77,86 | 53,68 | 101,38 |
| Gaz naturel ($/MBTU) | 0,10 | -10,71 | -27,77 | 2,88 |
† Rendement total au 31 mars 2026; indices libellés dans leur monnaie locale.
Source : Bloomberg
Les indices ne sont pas gérés et il n’est pas possible d'y investir directement.
Le marché du travail canadien faiblit, et le chômage augmente en conséquence. Le marché du travail a faibli au Canada en février. Il a reculé de 0,4 % – soit une perte de 84 000 emplois –, de sorte que le taux de chômage a gagné 0,2 point de pourcentage pour s’établir à 6,7 %. Ce recul, qui fait suite à une perte moins prononcée de 25 000 emplois (-0,1 %) en janvier, a partiellement annulé les gains observés à la fin de 2025. Les pertes enregistrées ont été concentrées dans les emplois à temps plein; peu de changements sont survenus du côté des emplois à temps partiel. Tant le secteur de la production de biens que celui des services ont été touchés, et tout particulièrement le commerce de gros et de détail ainsi que d’autres services. L’emploi a peu changé sur 12 mois en février.
Le saviez-vous?
Le 1ᵉʳ mai 2026, Nasdaq mettra en œuvre une règle d’« entrée rapide » qui permettra aux grandes sociétés nouvellement cotées d’être ajoutées plus rapidement à l’indice Nasdaq 100. De cette façon, si une entreprise se classe parmi les 40 principaux titres selon la capitalisation boursière, elle pourra être ajoutée après environ 15 jours de bourse, plutôt que d’attendre des mois, voire plus aux termes des règles actuelles. Ce changement vise à faire correspondre davantage l’indice à la composition des marchés boursiers d’aujourd’hui. Comme, en général, les entreprises font maintenant leur entrée sur les marchés publics après avoir atteint une certaine taille, il permet un ajustement plus rapide de la composition de l’indice.
Points de vue de nos gestionnaires de portefeuille
Comme c’est souvent le cas, la volatilité s’est manifestée rapidement et sans réel préavis…
Les investisseurs ont eu un dur rappel à la réalité en mars, l’escalade du conflit qui oppose les États-Unis et Israël à l’Iran ayant secoué les marchés mondiaux et fait grimper les prix du pétrole. Cela dit, le portrait global reste le même. Les bénéfices des sociétés américaines ont été épargnés par la tourmente, et le scénario de base – croissance des bénéfices, déploiement productif de l’intelligence artificielle et élargissement du groupe de sociétés dominantes sur le marché – n’a pas changé. Pendant ce temps, au Canada, l’indice composé S&P/TSX a fortement grimpé en février pour atteindre un nouveau sommet au début de mars, soutenu par la flambée des prix de l’énergie, de solides données sur le secteur manufacturier et une prédilection pour les produits de base qui tend à profiter directement du type d’environnement qui pèse sur les autres marchés.
« Lorsque les manchettes font fluctuer les prix de façon exagérée et non justifiée par les fondamentaux, c’est notre signal d’agir. Les actions nord-américaines ont été plus résilientes, mais les marchés internationaux et européens ont été touchés de manière disproportionnée, ce qui a donné lieu à un type de point d’entrée difficile à reproduire. Nous avons profité de cette situation pour augmenter notre surpondération en actions dans ces régions. Du côté des obligations, contrairement à ce qu’on a observé lors des chocs énergétiques passés, les craintes inflationnistes actuelles ne devraient pas persister. Les hausses de prix causées par l’énergie sont généralement temporaires. Comme les politiques budgétaires et monétaires sont beaucoup moins accommodantes que pendant la période post-COVID-19, les conditions qui favoriseraient une inflation soutenue ne sont tout simplement pas présentes en ce moment. C’est pourquoi nous avons prolongé la duration de certains portefeuilles; si les rendements diminuent à mesure que s’apaisent les craintes d’inflation, ces obligations en bénéficieront. Transformer la volatilité en occasions : voilà ce que la gestion active est censée faire. »
— Craig Maddock, v.-p. et gestionnaire de portefeuille principal, chef de l’équipe Gestion multi-actifs