Retour sur le mois de avril

Après un mois de mars mouvementé, les marchés boursiers mondiaux ont retrouvé leur aplomb en avril, affichant de solides gains dans la plupart des régions. Les actions canadiennes ont progressé de 3,8 %, portées par les soins de santé (13,2 %) et la finance (10,6 %). Les actions américaines ont inscrit une remontée marquée de 10,5 % grâce aux gains des services de communication (18,5 %) et des technologies de l’information (17,5 %). Le mois a été plus calme du côté des obligations : les marchés canadien et américain ont chacun enregistré un gain de 0,1 %. Le secteur des marchandises a produit des résultats variables : les prix du pétrole ont bondi (12,8 %), mais ceux de l’or (-1,1 %) et du gaz naturel (-8,0 %) ont fléchi. Les marchés émergents ont également affiché de solides gains, l’indice KOSPI (Corée du Sud) progressant de 30,6 %, profitant du cessez-le-feu temporaire entre les États-Unis et l’Iran – qui a permis d’atténuer les inquiétudes liées à l’énergie – et des forts achats étrangers et institutionnels dans le secteur technologique.

Voici quelques faits saillants du mois de avril :

Le conflit entre les États-Unis et l’Iran provoque une perturbation sans précédent de l’offre de pétrole. Le conflit entre les États-Unis et l’Iran a pesé lourdement sur les marchés pétroliers en avril. Il a provoqué la plus importante perturbation jamais observée de l’offre de pétrole, qui a diminué de plus de 12 millions de barils par jour. La fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran a perturbé le transport maritime mondial et fait grimper les prix. Un cessez-le-feu de deux semaines – mis en place le 8 avril – a brièvement fait baisser les prix, mais ceux-ci ont remonté par suite de l’échec des pourparlers et du blocus naval imposé par les États-Unis. Le Fonds monétaire international a indiqué que le conflit avait réduit l’offre mondiale de pétrole de 13 %, de sorte qu’il reverra à la baisse ses prévisions de croissance. Par ailleurs, les Émirats arabes unis ont annoncé leur intention de quitter l’OPEP+ le 1ᵉʳ mai, ce qui pourrait miner l’influence du groupe sur l’offre mondiale.

Un départ en force pour la période de publication des résultats de l’indice S&P 500. À la fin du mois, près du quart des sociétés de l’indice S&P 500 avaient publié leurs résultats du premier trimestre, et la majorité ont surpassé les attentes. De fait, 84 % ont fait mieux que les prévisions des analystes, un pourcentage supérieur à la moyenne sur 5 ans (78 %). Globalement, les bénéfices des sociétés ont augmenté de 15,1 % par rapport à la même période l’an dernier, pour inscrire un sixième trimestre consécutif de croissance supérieure à 10 %. Les technologies, la finance et les industries ont été en tête, tandis que l’énergie et les soins de santé ont tiré de l’arrière. La croissance des revenus a également été vigoureuse (10,3 %), les 11 secteurs ayant inscrit des gains sur 12 mois. 

Indice   Variation (%)   Niveau de l'indice
1 mois Cumul annuel 1 an
Bons du Trésor (indice des bons du Trésor à 60 jours FTSE Canada) 0,18 0,71 2,48 192,24
Obligations canadiennes (indice des obligations universelles FTSE Canada) 0,12 0,35 1,63 1 204,02
Actions canadiennes (indice composé S&P/TSX) 3,81 7,93 40,16 33 964,33
Obligations américaines (indice Bloomberg U.S. Aggregate Bond, $ US) 0,11 0,07 4,06 2 350,38
Actions américaines (indice S&P 500, $ US) 10,49 5,69 31,02 7 209,01
Actions mondiales (indice MSCI Monde, $ US) 9,64 5,84 29,71 4 660,70
Marchés émergents (indice MSCI Marchés émergents, $ US) 14,74 14,61 47,50 1 600,21
Devises   Variation (%)   Taux de change
1 mois Cumul annuel 1 an
$ CA/$ US 2,46 1,06 1,60 0,7363
$ CA/euro (€) 0,90 1,18 -1,91 0,6277
$ CA/livre sterling (£) -0,37 0,09 -0,44 0,5413
$ CA/yen (¥) 1,12 0,95 11,24 115,340
Produits de base ($ US)   Variation (%)   Prix
1 mois Cumul annuel 1 an
Or au comptant ($/once) -1,05 5,05 33,32 4 629,60
Pétrole WTI ($/baril) 12,78 84,30 83,43 105,07
Gaz naturel ($/MBTU) -7,95 -19,35 -29,91 2,77

† Rendement total au 30 avril 2026; indices libellés dans leur monnaie locale.
Source : Bloomberg
Les indices ne sont pas gérés et il n’est pas possible d'y investir directement.

Le marché du travail canadien demeure stable après un début d’année mouvementé. Selon Statistique Canada, le marché du travail canadien est demeuré stable en mars. Le nombre d’emplois a légèrement augmenté (de 14 000, soit 0,1 %), ce qui a comblé une partie des pertes inscrites durant les 2 premiers mois de 2026, tandis que le taux de chômage s’est maintenu à 6,7 %. Même s’il est inférieur aux récents sommets observés en 2025, il demeure supérieur aux moyennes d’avant la pandémie. Les embauches sont demeurées sous les niveaux historiques, tandis que le taux d’activité a été stable à 64,9 %, en baisse toutefois sur 12 mois.

Le saviez-vous?

Le 27 avril 2026, le gouvernement canadien a annoncé la création d’un fonds souverain national, le Fonds pour un Canada fort, le premier du genre au pays. Celui-ci recevra une contribution fédérale initiale de 25 milliards de dollars sur 3 ans et sera exploité par une nouvelle société d’État indépendante. Il investira dans les infrastructures, l’énergie, les minéraux critiques, la technologie, ainsi que d’autres secteurs clés afin de créer de la richesse à long terme pour les générations futures. Le gouvernement entend aussi donner aux Canadiens la possibilité d’investir directement dans le fonds et de profiter de ses rendements.

Points de vue de nos gestionnaires de portefeuille

Une fois de plus, les investisseurs ont pu constater que les reprises peuvent survenir tout aussi rapidement que les replis. Dans la foulée du recul de mars causé par le conflit, les actions américaines ont rebondi en avril : le S&P 500 a effacé une grande partie des pertes liées à la situation en Iran et s’est rapproché de ses sommets. Le rebond a été concentré, porté par une poignée de grandes entreprises de croissance américaines; l’action « moyenne » traîne de la patte, et les interrogations sur les dépenses et la rentabilité de l’intelligence artificielle demeurent une importante source de volatilité sectorielle.

Les prix du pétrole demeurent élevés, soumis à l’instabilité des pourparlers de cessez-le-feu, ce qui maintient l’inflation et les attentes de taux d’intérêt au centre des préoccupations, sans toutefois compromettre les perspectives de croissance. Les marchés canadiens ont profité de ce contexte. L’indice composé S&P/TSX oscille maintenant près de sommets inédits, soutenu par les secteurs de l’énergie et des matériaux et d’autres secteurs liés aux marchandises. Pour les investisseurs en quête de diversification, avril a été un rappel incontestable que les régions et les secteurs ne réagissent pas tous de la même façon aux enjeux mondiaux – c’est précisément là qu’une approche active de gestion multi-actifs peut apporter une valeur ajoutée.

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« Les marchés n’évoluent pas de manière rectiligne. Notre rôle est de faire abstraction du bruit, de rester concentrés sur les données fondamentales et d’orienter les portefeuilles vers les secteurs qui génèrent des liquidités durables et offrent de meilleurs points d’entrée. Cet amalgame de diversification et de souplesse tactique nous aide à composer avec des marchés à l’évolution dictée par l’actualité sans perdre de vue les résultats à long terme. »

— Craig Maddock, v.-p. et gestionnaire de portefeuille principal, chef de l’équipe Gestion multi-actifs