Retour sur juin

Les marchés financiers ont évolué en dents de scie en juin, les investisseurs jonglant avec les nouvelles tensions géopolitiques, l’inflation galopante et l’incertitude quant à l’orientation des taux d’intérêt. Les actions canadiennes ont gagné 0,5 %, portées par la finance (+8,8 %), la consommation de base (+8,0 %) et les soins de santé (+6,0 %). Les actions américaines ont perdu 0,9 %, plombées par les services de communication (-7,8 %), l’énergie (-5,1 %) et les technologies de l’information (-3,3 %). Les obligations canadiennes et américaines ont progressé de 0,5 % et de 0,2 % respectivement, les investisseurs soupesant les perspectives d’inflation et de politique monétaire. Les prix des produits de base ont aussi reculé : le pétrole de 18,5 % pendant les pourparlers de paix entre les États-Unis et l’Iran, l’or de 12,1 % et le gaz naturel de 1,3 %. Les actions des marchés émergents ont diminué de 1,4 %, cédant une partie du terrain gagné après deux mois consécutifs de surrendement. 

Voici quelques faits saillants du mois de juin :

Le conflit au Moyen-Orient entretient la volatilité sur les marchés de l’énergie. Juin a débuté dans la tourmente. Le 1er du mois, l’Iran a suspendu ses négociations avec les États-Unis en raison d’opérations militaires au Liban, ce qui a fait bondir les prix du pétrole et ravivé les inquiétudes concernant une éventuelle perturbation de l’approvisionnement énergétique. Toutefois, des avancées diplomatiques à la mi-juin ont mené à la signature d’un protocole d’entente provisoire prévoyant un cessez-le-feu immédiat, la réouverture du détroit d’Ormuz et l’établissement d’un cadre de 60 jours en vue d’un accord de paix définitif. Depuis, les prix du pétrole ont baissé et les négociations se poursuivent.

La hausse des prix à la production et de l’énergie ravive les pressions sur l’inflation. Au Canada, les prix à la production – soit les prix de vente de produits comme l’essence, l’engrais et d’autres biens industriels – ont augmenté pour un cinquième mois de suite, de 1,2 % en glissement mensuel. Certaines de ces hausses ont été refilées aux consommateurs. L’indice des prix à la consommation a ainsi progressé de 3,2 % sur 12 mois en mai, contre 2,8 % en avril, pour atteindre son plus haut niveau depuis décembre 2023. L’essence demeure l’un des catalyseurs de l’inflation. On constate aussi une intensification des pressions inflationnistes aux États-Unis : les prix à la consommation ont augmenté de 4,2 % sur 12 mois, leur plus forte hausse depuis avril 2023 et un troisième mois consécutif d’accélération.

Indice   Variation (%)   Niveau de l'indice
1 mois Cumul annuel 1 an
Bons du Trésor (indice des bons du Trésor à 60 jours FTSE Canada) 0,20 1,10 2,43 192,98
Obligations canadiennes (indice des obligations universelles FTSE Canada) 0,51 2,24 3,46 1 226,72
Actions canadiennes (indice composé S&P/TSX) 0,50 11,20 32,93 34 856,99
Obligations américaines (indice Bloomberg U.S. Aggregate Bond, $ US) 0,24 0,62 3,79 2 363,38
Actions américaines (indice S&P 500, $ US) -0,95 10,19 22,29 7 499,36
Actions mondiales (indice MSCI Monde, $ US) -0,69 9,96 21,85 4 825,50
Marchés émergents (indice MSCI Marchés émergents, $ US) -1,37 24,00 44,15 1 722,89
Devises   Variation (%)   Taux de change
1 mois Cumul annuel 1 an
$ CA/$ US -2,84 -3,32 -4,15 0,7044
$ CA/euro (€) -0,80 -0,60 -1,07 0,6167
$ CA/livre sterling (£) -1,39 -1,78 -0,73 0,5312
$ CA/yen (¥) -0,82 0,22 8,18 114,507
Produits de base ($ US)   Variation (%)   Prix
1 mois Cumul annuel 1 an
Or au comptant ($/once) -12,07 -9,05 16,74 4 038,50
Pétrole WTI ($/baril) -18,52 21,84 13,34 69,50
Gaz naturel ($/MBTU) -1,30 -12,46 -22,25 3,28

† Rendement total au 30 juin 2026; indices libellés dans leur monnaie locale.
Source : Bloomberg
Les indices ne sont pas gérés et il n’est pas possible d'y investir directement.

La vigueur des marchés du travail brouille les attentes quant aux taux d’intérêt. Le marché du travail canadien a de nouveau fait preuve de vigueur en mai. L’économie a créé 87 800 emplois, effaçant ainsi les pertes du mois précédent. Il s’agit de la plus forte progression mensuelle depuis décembre 2024. Quant au taux de chômage, il est passé de 6,9 % en avril à 6,6 %. Le dynamisme du secteur de l’hôtellerie a soutenu la création d’emplois au Canada et contribué à celle observée aux États-Unis. En mai, l’économie américaine a ajouté 172 000 emplois, dépassant largement les attentes des économistes. De plus, le taux de chômage s’est maintenu à 4,3 % et le salaire horaire moyen a augmenté de 0,3 % pendant le mois. Ces données supérieures aux prévisions pourraient réduire la pression exercée sur les banques centrales pour qu’elles assouplissent leur politique monétaire, ce qui alimente l’incertitude concernant le moment et l’ampleur d’une éventuelle baisse de taux.

Le saviez-vous?

Les actions mondiales ont inscrit leur plus important gain trimestriel depuis 2020, galvanisées par la croissance économique soutenue et la confiance accrue des investisseurs, malgré la persistance du risque géopolitique. Au Canada, le secteur de la finance a progressé de 8,8 %. Il a fortement contribué à la hausse de l’indice S&P/TSX, dans lequel il est largement pondéré. Ce dynamisme témoigne de l’amélioration des conditions de crédit et des prévisions de bénéfices, de même que d’un intérêt croissant pour le potentiel des nouvelles technologies, comme l’intelligence artificielle, au sein du secteur.

Points de vue de nos gestionnaires de portefeuille

Les premiers appels publics à l’épargne (PAPE) attirent souvent l’attention des investisseurs parce qu’ils offrent une première occasion d’investir dans des entreprises qui font leur entrée en bourse. Nombre d’entre elles sont associées à des thèmes porteurs, comme l’intelligence artificielle, les infrastructures numériques, la défense, l’espace, la transition énergétique ou d’autres domaines de l’innovation. Or, ce n’est pas parce que c’est nouveau que le jeu en vaut la chandelle. Bien souvent, les investisseurs doivent évaluer des entreprises dont l’historique boursier est limité, dont la rentabilité fluctue et dont les évaluations reposent déjà sur d’ambitieuses perspectives de croissance.

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C’est pourquoi nous nous intéressons aux PAPE à l’intérieur d’un portefeuille et non pas comme un produit autonome. Un nouveau titre peut offrir une exposition intéressante à une entreprise émergente ou à une thématique à long terme, mais sa place au sein d’un portefeuille doit reposer sur les fondamentaux, l’évaluation, le risque, les avantages de diversification et son apport à l’objectif global de l’investisseur. Pour les investisseurs à long terme, il ne s’agit pas de savoir si un PAPE est couronné de succès le premier jour, mais plutôt si l’entreprise peut dégager de la valeur au fil du temps et si cette position améliore le profil risque-rendement du portefeuille. Dans une approche multi-actifs, les PAPE et les sociétés récemment inscrites en bourse peuvent s’avérer intéressants, mais ils doivent être considérés dans le contexte plus large d’un portefeuille comprenant des sociétés ouvertes établies, des stratégies actives, des fonds négociés en bourse, des placements alternatifs et d’autres composantes favorisant l’atteinte des objectifs à long terme.

— Craig Maddock, v.-p. et gestionnaire de portefeuille principal, chef de l’équipe Gestion multi-actifs