Retour sur mai
Les marchés boursiers mondiaux ont progressé en mai, malgré les tensions géopolitiques et l’incertitude. Les actions canadiennes ont gagné 2,5 %, portées par les services de communication (6,9 %) et les matériaux (6,2 %). Les actions américaines se sont appréciées de 5,3 %, propulsées par les technologies de l’information (16,0 %) et la consommation discrétionnaire (2,6 %). Les marchés obligataires ont également gagné du terrain, progressant de 1,4 % au Canada et de 0,3 % aux États-Unis. Les produits de base ont suivi des tendances opposées : les prix du pétrole et de l’or ont reculé de 11,9 % et de 1,5 % respectivement, mais le cours du gaz naturel a grimpé de près de 8,1 %. Les marchés émergents ont fait bande à part – l’Asie en tête. L’optimisme entourant les éventuelles négociations entre les États-Unis et l’Iran a soutenu les actions de la région. L’indice Nikkei 225 (Japon) et l’indice composé KOSPI (Corée du Sud) ont bondi d’environ 28,5 % pour atteindre de nouveaux sommets, sous l’impulsion marquée des actions technologiques.
Voici quelques faits saillants du mois de mai :
L’économie canadienne entre en récession technique. Au premier trimestre de 2026, le produit intérieur brut du Canada a diminué de 0,1 % en glissement annuel, alors qu’une expansion de 1,5 % était prévue. Le taux de croissance enregistré au quatrième trimestre de 2025 a été révisé à la baisse; l’économie canadienne s’est en fait contractée de 1,0 % au cours de cette période, de sorte qu’elle est maintenant en récession technique. L’accroissement des importations a pesé sur la croissance globale durant la période, l’augmentation des stocks des entreprises témoignant d’une accumulation de biens dans tous les secteurs. Les dépenses en immobilisations des sociétés et des gouvernements ont diminué, ce qui a contribué à la contraction du PIB. Par contre, l’augmentation des dépenses des ménages a apporté un certain soutien à l’activité économique globale, surtout du côté des biens et des services.
Le marché du travail faiblit au Canada et croît de façon constante aux États-Unis. Au Canada, l’emploi a peu changé en avril. Quelque 18 000 postes ont été supprimés (-0,1 %), pour un recul total de 112 000 (-0,5 %) pendant les 4 premiers mois de 2026. Le taux de chômage s’est hissé à 6,9 %. Le taux d’emploi a diminué quelque peu pour s’établir à 60,5 %. Aux États-Unis, les emplois non agricoles ont augmenté de 115 000, surtout dans les secteurs des soins de santé, du transport et du commerce de détail. Le nombre de postes vacants a diminué – s’établissant à 6,87 millions en mars –, signe que les entreprises ont poursuivi leurs embauches. Le taux de chômage s’est maintenu à 4,3 %, le marché du travail ayant été globalement stable.
| Indice† | Variation (%) | Niveau de l'indice | ||
|---|---|---|---|---|
| 1 mois | Cumul annuel | 1 an | ||
| Bons du Trésor (indice des bons du Trésor à 60 jours FTSE Canada) | 0,19 | 0,90 | 2,45 | 192,60 |
| Obligations canadiennes (indice des obligations universelles FTSE Canada) | 1,36 | 1,72 | 2,99 | 1 220,45 |
| Actions canadiennes (indice composé S&P/TSX) | 2,52 | 10,65 | 36,12 | 34 769,14 |
| Obligations américaines (indice Bloomberg U.S. Aggregate Bond, $ US) | 0,31 | 0,38 | 5,13 | 2 357,70 |
| Actions américaines (indice S&P 500, $ US) | 5,26 | 11,25 | 29,74 | 7 580,06 |
| Actions mondiales (indice MSCI Monde, $ US) | 4,61 | 10,72 | 28,02 | 4 864,59 |
| Marchés émergents (indice MSCI Marchés émergents, $ US) | 9,71 | 25,73 | 55,14 | 1 752,15 |
| Devises† | Variation (%) | Taux de change | ||
|---|---|---|---|---|
| 1 mois | Cumul annuel | 1 an | ||
| $ CA/$ US | -1,53 | -0,49 | -0,40 | 0,7250 |
| $ CA/euro (€) | -0,96 | 0,21 | 3,09 | 0,6217 |
| $ CA/livre sterling (£) | -0,37 | -0,39 | -0,43 | 0,5387 |
| $ CA/yen (¥) | 0,10 | 1,04 | 10,01 | 115,450 |
| Produits de base ($ US)† | Variation (%) | Prix | ||
|---|---|---|---|---|
| 1 mois | Cumul annuel | 1 an | ||
| Or au comptant ($/once) | -1,53 | 3,44 | 32,47 | 4 593,00 |
| Pétrole WTI ($/baril) | -11,88 | 53,16 | 48,50 | 87,36 |
| Gaz naturel ($/MBTU) | 8,08 | -10,38 | -20,59 | 3,29 |
† Rendement total au 31 mai 2026; indices libellés dans leur monnaie locale.
Source : Bloomberg
Les indices ne sont pas gérés et il n’est pas possible d'y investir directement.
Les affrontements s’intensifient dans la région d’Ormuz, malgré la progression des pourparlers entre les États-Unis et l’Iran. Le conflit s’est poursuivi entre les États-Unis et l’Iran en mai, et le détroit d’Ormuz a été fermé presque en permanence. Dès la mi-mai, les deux parties ont rejeté à plusieurs reprises leurs propositions respectives, notamment en ce qui concerne les limites imposées au programme nucléaire iranien, faisant échouer les pourparlers. Le président Trump a retardé les frappes prévues, tout en avertissant les dirigeants iraniens qu’il pouvait relancer l’offensive. De son côté, l’Iran a évoqué une possible escalade à l’extérieur de la région. Les gouvernements de la région ont exhorté les parties à maintenir la voie diplomatique; des responsables ont par la suite fait état d’une progression des pourparlers, malgré une reprise des affrontements entre les deux pays, près du détroit. Les prix du pétrole ont reculé durant cette période.
Le saviez-vous?
Selon un sondage Gallup, plus de la moitié des Américains ont déjà eu recours au financement de type « acheter maintenant, payer plus tard », et environ le quart l’utilisent régulièrement. Cette proportion est encore plus élevée pour les ménages à faible revenu et ceux en difficultés financières – près de la moitié se tournent vers ce mode de paiement. Le sondage a également révélé que l’utilisation de ce type de financement avait augmenté auprès des consommateurs préoccupés par l’endettement par carte de crédit, qui y voient un mode de paiement et outil de budgétisation de remplacement pour la gestion de leurs finances.
Points de vue de nos gestionnaires de portefeuille
Trois années se sont écoulées depuis le début du boom de l’intelligence artificielle (IA); il est maintenant impossible d’ignorer ses effets sur l’économie réelle et les marchés financiers. Pour les investisseurs, le contexte ne se limite pas à l’IA.
Les actions des fabricants de semi-conducteurs liés à l’IA ont nettement surpassé le marché américain dans son ensemble, et l’industrie est en voie d’atteindre des ventes annuelles de 1 000 G$ cette année. Mais tout ne se résume pas à la domination de l’IA. Il faut aussi en évaluer les conséquences sur la concentration du marché, la diversification et l’émergence de nouvelles occasions au-delà des quelques sociétés en tête du marché. Une part disproportionnée du rendement de l’indice provient désormais d’une poignée de chefs de file de l’IA. Ainsi, la concentration du marché s’est hissée à des niveaux qui n’avaient pas été atteints depuis plusieurs décennies, ce qui rend la sélection des placements d’autant plus importante. Ce sont surtout des titres liés au matériel informatique et aux infrastructures qui ont généré les gains. Inversement, de nombreuses sociétés de logiciels ont été à la traîne, les investisseurs tentant de déterminer quels joueurs s’adapteront et lesquels seront déstabilisés. Au-delà du secteur des technologies, les constructeurs de centres de données, les fournisseurs d’équipement de même que les entreprises de services publics et les producteurs d’électricité ont aussi profité de cette dynamique, ce qui témoigne de la demande croissante pour les infrastructures physiques nécessaires à l’IA et pour une économie plus numérique.
«L’IA est passée d’un simple mot à la mode à un véritable moteur de revenus, mais les occasions de placement sont nombreuses, inégales et ne se limitent pas aux entreprises les plus connues. Nous trouvons des occasions dans plusieurs segments du marché : auprès de chefs de file des semi-conducteurs et des infrastructures, dans des entreprises qui utilisent l’IA pour gagner en efficacité, et dans les secteurs du marché soutenus par les placements liés à ce thème. Parallèlement, nous sommes bien conscients que les indices sont maintenant dominés par une poignée de titres. C’est pourquoi nous misons sur la diversification, privilégions les sociétés dotées d’avantages structurels et évitons de laisser un seul thème définir nos portefeuilles.»
— Craig Maddock, v.-p. et gestionnaire de portefeuille principal, chef de l’équipe Gestion multi-actifs