Intervenants :
GS Gregory Sweet
JG Jason Gibbs
MF Mark Fairbairn
VO Voix hors champ
00:00:00
GS Les marchés de prédiction arrivent officiellement au Canada. Si vous vous y intéressez, vous avez probablement remarqué qu’il y a beaucoup d’information à leur sujet, mais tout autant de désinformation. Bienvenue à nouveau à Parlons placements. Je suis votre animateur, Greg Sweet. Aujourd’hui, nous recevons deux de nos gestionnaires de portefeuille, Jason Gibbs et Mark Fairbairn, pour nous aider à démêler le vrai du faux. À la fin de cette conversation, vous devriez avoir une idée beaucoup plus claire de la pertinence, ou non, d’un marché de prédiction pour vous. Commençons donc par les bases. Qu’est-ce qu’un marché de prédiction, exactement?
00:00:33
MF Un marché de prédiction permet aux participants de négocier ce qu’on appelle des contrats événementiels liés à des résultats binaires, le contrat comportant un paiement binaire. Le paiement est de 0 si l’événement ne se produit pas, ou de 1 s’il se produit. Le prix du contrat correspond en fait à la probabilité implicite que l’événement se produise. Si la probabilité qu’un événement survienne est de 70 %, le prix devrait être d’environ 0,70 $. Du moins, dans un marché rationnel. Bien sûr, la probabilité qu’un événement se produise ou non n’est jamais connue avec précision. À pile ou face, les chances sont théoriquement de 50/50 – sauf si la pièce a un défaut. Mais pour la plupart des événements réels, il n’existe pas de probabilités véritables connues à l’avance quant au résultat. Les marchés de prédiction nous permettent toutefois de voir quelles probabilités sont attribuées par la sagesse collective du public grâce au processus de découverte des prix du contrat. Le niveau auquel se situe le prix reflète la sagesse collective actuelle du public ou du marché; c’est pourquoi on parle de probabilité implicite. Lorsque cette opinion collective évolue, par exemple en réaction à de nouvelles informations, le prix change. Évidemment, cela suppose qu’il y ait suffisamment de participants. Les contrats impopulaires sont moins susceptibles d’offrir de solides probabilités appliquées, car ils comptent moins de participants. Aux États-Unis, on pourrait négocier ces contrats sur à peu près n’importe quoi. Mais au Canada, le cadre réglementaire fait en sorte qu’il s’agit de contrats dérivés financiers et qu’ils ne peuvent porter que sur des résultats liés à des indicateurs économiques, aux marchés financiers ou à la météo. Par exemple : le TSX atteindra-t-il 40 000 points d’ici la fin de l’année? La Banque du Canada relèvera-t-elle ses taux d’intérêt? Ou même quelque chose d’aussi anodin que « pleuvra-t-il au cours des 38 prochains jours? » (Eh oui, vous avez bien entendu.)
00:02:06
GS La météo, vraiment? Si c’est aussi simple que oui ou non, est-ce que cela se produira ou non, pourquoi cela suscite-t-il autant d’intérêt en ce moment?
00:02:14
JG Le jeu a toujours existé. Les humains ont toujours parié. Ils ont toujours été attirés par le jeu. Rien de nouveau ici. Ce qui est nouveau, toutefois, c’est d’abord que c’est légal, y compris dans le sport et dans d’autres domaines. C’est donc un énorme changement. Ensuite, il y a évidemment la technologie : avec nos téléphones, il est si facile de le faire. Lorsque vous combinez le fait que ce soit légal, la facilité offerte par la technologie et des entreprises qui veulent générer des profits et des frais, vous vous retrouvez, à mon avis, avec un gros problème. Si l’on revient à la raison pour laquelle les gens s’y intéressent, pour moi, c’est toujours comme une petite décharge rapide de dopamine. Or, tout le monde recherche l’effet de la dopamine. L’effet « billet de loto », vous savez? Je dirais que notre cerveau cherche constamment à reprendre le contrôle de certaines situations. Or, l’un des faits de la vie, c’est que la grande majorité de ce qui nous arrive échappe à notre contrôle. Beaucoup de gens ont naturellement de la difficulté avec cela. Donc, lorsqu’ils se tournent vers les marchés de prédiction et les paris sur l’avenir, c’est en quelque sorte une tentative de reprendre ce contrôle et d’en tirer profit. Mais, bien sûr, ce n’est qu’une illusion.
00:03:33
MF La curiosité à l’égard d’un produit n’est pas une raison d’y investir de l’argent. Nouveauté et pertinence ne sont pas synonymes.
00:03:41
GS Et c’est vraiment là l’enjeu. Un seul pari peut sembler inoffensif. Mais dès que cela commence à devenir une habitude, puis quelque chose que l’on perçoit comme une stratégie, le risque augmente. Parlez-moi de ce qui se passe réellement dans la prise de décision d’une personne lorsqu’elle commence à faire cela régulièrement.
00:03:56
JG Comme pour tout ce qui touche à la dopamine et aux habitudes, si vous êtes pleinement investi, vous en voulez toujours plus et vous recherchez ces gains. Le problème avec le jeu, c’est que ceux qui en tirent profit, que ce soient les casinos ou les institutions qui vous permettent de parier, veulent que vous gardiez les yeux rivés sur votre téléphone le plus longtemps possible. Et si vous êtes au casino, on veut que vous y restiez le plus longtemps possible. On fera donc tout pour vous faciliter la tâche. Quiconque est déjà allé dans un casino ou à Las Vegas en est très conscient. Il y a une raison très simple à cela. Les statistiques sont très claires, c’est évident, et de nombreuses recherches l’ont démontré. Plus vous jouez longtemps, que ce soit pendant des jours, des mois ou des années, plus la probabilité de perdre de l’argent se rapproche de 100 %. C’est aussi simple que cela. Je dirais que l’autre problème, lorsqu’il s’agit des marchés, c’est qu’il faut se rappeler que les marchés fonctionnent toujours selon les émotions et les cycles. Nous sommes dans un marché haussier qui dure depuis très longtemps. Je me souviens de mars 2009, lorsque tout le monde évitait les actions, anticipant que toutes les banques du monde allaient faire faillite. Aujourd’hui, si l’on fait un bond en avant, les gens sont devenus de plus en plus à l’aise avec les actions au fil des ans. Ils y investissent davantage d’argent. Nous sommes aujourd’hui dans un marché haussier bien établi, au point où beaucoup ont l’impression qu’investir est devenu facile. Cela mène en quelque sorte à des comportements plus excessifs. Et nous commençons à le constater. Que ce soit avec des comptes sur marge plus élevés ou des FNB à triple effet de levier, on commence certainement à le voir.
00:05:44
GS C’est un peu l’idée selon laquelle les marchés haussiers se terminent dans l’euphorie, n’est-ce pas? Je ne suis pas en train de dire que nous sommes au sommet, soyons clairs. Mais nous sommes à un moment du cycle où cette euphorie commence à s’installer, cette conviction que tout générera des rendements positifs.
00:06:01
MF Oui. Le risque comportemental se manifeste lorsque l’accent mis sur le court terme remplace un plan à long terme. Des décisions prises sous le coup de l’émotion, un engagement constant, des investisseurs qui s’éloignent de leur trajectoire. Les gens sont tellement pressés de s’enrichir rapidement qu’ils visent d’importants gains, rapidement, plutôt que de s’en tenir à l’approche éprouvée de la capitalisation des rendements à long terme dans des placements solides et reconnus. Le danger, c’est la mentalité de rattrapage : « Je récupérerai mes pertes au prochain pari » ou « Ça a fonctionné par le passé, c’est donc une stratégie éprouvée ». Ce n’est pas une stratégie. On recherche simplement la chance.
00:06:35
GS Je pense que c’est pour cette raison que nous prenons la question très au sérieux. Nous avons le devoir de nous assurer que nos clients prennent des décisions judicieuses à l’égard de leurs placements. Parlons donc des chiffres un instant, histoire de rendre cela plus concret. Les marchés de prédiction sont largement à somme nulle. Pour chaque gagnant, il y a un perdant. L’investissement ne fonctionne pas de cette façon. La valeur totale du marché peut réellement croître au fil du temps. On pourrait illustrer cela comme suit : dans un marché de prédiction, le gâteau ne grossit pas. Les participants se livrent concurrence pour obtenir une part du même gâteau. En investissement, le gâteau peut réellement grossir avec le temps, à mesure que les entreprises croissent, génèrent des bénéfices, innovent et créent de la valeur. Voici donc quelques statistiques intéressantes : environ 71 % des utilisateurs perdent de l’argent au fil du temps, tandis que la tranche de 1 % représentant les meilleurs participants récolte plus de 80 % de l’ensemble des profits. Les gains sont concentrés entre les mains d’un petit groupe de participants très actifs et aguerris. Et il ne s’agit pas seulement des statistiques. Nous n’avons pas parlé des frais. Les frais de plateforme. Une portion est prélevée sur chaque opération. Avec des opérations rapides et fréquentes, ces frais peuvent vraiment s’accumuler. Les frais deviennent donc un frein garanti pour l’ensemble du bassin de participants, pas seulement pour les perdants.
00:07:46
MF Cela ne concerne pas que les marchés de prédiction. Une étude universitaire bien connue sur les investisseurs qui pratiquent les opérations de spéculation à court terme a révélé que moins de 1 % d’entre eux étaient capables de réaliser des profits de façon constante une fois les frais pris en compte. Même histoire, marché différent.
00:08:01
GS Voici maintenant une chose que beaucoup de gens ne réalisent probablement pas. Les contrats de prédiction ne sont pas nouveaux au Canada. En 2017, l’Organisme canadien de réglementation du commerce des valeurs mobilières a interdit ce type de contrat. Aujourd’hui, une sous-catégorie limitée est de nouveau permise, sous une surveillance et des conditions plus strictes. Soyons quand même francs : les préoccupations qui avaient motivé l’interdiction initiale, comme la fraude, les préjudices aux investisseurs et le risque de manipulation, n’ont pas entièrement disparu simplement parce que le cadre a changé. Il faut donc prendre cela au sérieux, et ne pas y voir seulement de vieilles nouvelles. Alors, existe-t-il une utilisation légitime de ces marchés, ou est-ce seulement du bruit?
00:08:38
MF Oui, mais peut-être pas de la façon dont la plupart des gens l’imaginent. En tant que gestionnaires de portefeuille, nous examinons effectivement ces marchés autour d’événements majeurs afin d’évaluer la probabilité de différents scénarios, par exemple les élections, et ils ont été plus prédictifs que les sondages traditionnels, particulièrement lors des élections américaines. Il y a donc une réelle valeur informative dans les probabilités implicites. La sagesse collective est réelle, et lorsque les gens investissent du capital réel, ils réfléchissent davantage à leurs positions que lorsqu’ils répondent simplement à un sondage. Mais comme stratégie de placement, en dehors du divertissement, le seul gagnant constant est celui qui exploite la plateforme et prélève sa commission. De la même façon, être propriétaire d’un casino est une bonne affaire, mais y jouer ne l’est généralement pas.
00:09:23
GS Autre point de données : les probabilités reflétées dans ces marchés peuvent, plus ou moins, constituer un intrant dans le processus décisionnel logique à long terme du gestionnaire de portefeuille. Nuance importante : il s’agit d’un intrant, et non d’un substitut aux données fondamentales ou à la construction de portefeuille. Notre objectif est d’aider les clients à atteindre leurs objectifs financiers à long terme, ce qui signifie évaluer les occasions en fonction de la valeur qu’elles peuvent créer pour les investisseurs au fil du temps, et non simplement de l’activité qu’elles génèrent.
00:09:58
JG Il faut se rappeler une chose : le véritable investissement s’inscrit dans le long terme. On parle d’années, de décennies, de protection du capital et de croissance patiente du capital, sans se préoccuper de ce qui se passera la semaine prochaine ou à un autre moment. On pense à investir dans certaines des grandes sociétés du monde, dans leurs actions comme dans leurs titres de créance, des entreprises qui offrent des services que vous et moi utilisons tous les jours et que nous utiliserons vraisemblablement au cours des prochaines années. Mais lorsque vous investissez, vous pensez en termes de probabilités. Quelle est la probabilité que les gens continuent d’utiliser ces produits et services pendant de nombreuses années? Cette probabilité est-elle élevée? Les chances sont-elles bonnes? À quel point? Vous réfléchissez ensuite au prix auquel vous achetez cette entreprise sur le marché boursier et au niveau de risque intégré dans le cours de l’action. Qu’est-ce que ce cours implique? Vous faites donc des calculs, vous examinez les probabilités. Les grands investisseurs, franchement, sont très patients. Ils ne font pas grand-chose tous les jours ou toutes les semaines. Ils attendent, attendent encore, comme un grand frappeur au baseball, jusqu’à ce que les probabilités soient réellement en leur faveur. Voilà ce qu’est l’investissement : probabilités à long terme, sociétés de qualité, flux de trésorerie, bilans solides. Quand on pense aux marchés de prédiction, cela n’a rien à voir avec l’investissement. Il s’agit uniquement d’essayer de déterminer ou de prévoir ce qui se passera aujourd’hui ou demain relativement à un événement. Peut-être que vous en retirerez un certain plaisir, mais cela ne veut rien dire et personne ne dispose réellement d’un avantage quelconque. Ce sont donc deux choses très différentes. Il y a l’investissement, et il y a la spéculation.
00:12:06
GS Entrons dans le concret un instant, parce que je pense que c’est au cœur du sujet. Qu’est-ce qui distingue réellement un investissement d’un pari?
00:12:13
MF Je pense que la principale différence entre un investissement et un pari, c’est l’existence d’un moteur de rendement tangible. Si vous détenez une action, vous possédez une participation réelle dans une entreprise réelle, soit une créance sur ses bénéfices futurs, sa croissance et, souvent, les dividendes versés au fil du temps. Si vous détenez une obligation, il s’agit d’un engagement contractuel. Vous récupérez votre capital plus des intérêts au fil du temps. Les deux comportent un mécanisme structuré et continu de génération de rendement. Ce n’est pas spectaculaire, mais cela fonctionne. Tous ceux qui participent peuvent en bénéficier. Ce n’est pas un jeu à somme nulle. Les contrats liés aux marchés de prédiction n’offrent rien de tout cela. C’est un pari à résultat fixe. Quelqu’un gagne, quelqu’un perd, et l’histoire s’arrête là. Il n’y a pas de propriété, pas de croissance et pas de capitalisation.
00:12:57
GS Donc, si l’enjeu n’est pas d’avoir raison sur une seule prédiction, sur quoi les investisseurs devraient-ils réellement se concentrer?
00:13:03
MF Si vous faites une prédiction exacte, vous obtenez un gain isolé, puis vous devez recommencer encore et encore pour continuer à gagner. Même si vous faites un pari dont les probabilités sont de 90 %, il reste 10 % de chances que vous perdiez tout votre argent. Un portefeuille, lui, se capitalise de façon continue. La seule chose sur laquelle vous devez vraiment avoir raison, ce sont vos propres circonstances, votre horizon de placement et vos objectifs; et c’est quelque chose à établir avec un conseiller, pas quelque chose que vous devez prédire. S’en tenir à un plan à long terme ne sera pas toujours excitant ni digne des grands titres, et c’est justement le but. Gardez aussi à l’esprit que si les marchés de prédiction sont correctement évalués et que la sagesse collective est fiable, si vous faites à répétition un pari dont la probabilité est, disons, de 75 %, vous paierez en moyenne 0,75 $ pour chacun de ces paris. Si vous le faites encore et encore, votre valeur attendue correspondra exactement au montant que vous avez investi. Vous atteindrez effectivement le seuil de rentabilité, puisque vous gagnerez certains paris et perdrez tout sur d’autres. Le résultat net est un rendement total de zéro; mais si l’on soustrait les coûts de transaction engagés en cours de route, vous avez perdu de l’argent. C’est un point important. Vous ne gagnez de l’argent que si vous parvenez systématiquement à déterminer que les probabilités sont mal évaluées. Il n’existe pas de probabilité de base, contrairement aux marchés financiers. Les marchés boursiers progressent généralement de 70 à 80 % du temps. Plus votre horizon de placement est long, plus vos chances de réussite sont élevées. C’est, selon moi, la différence essentielle.
00:14:24
GS De sages conseils. Alors, que devrait-on faire, plutôt que de céder à l’attrait des marchés de prédiction? Je dirai ceci : vous n’avez pas besoin des marchés de prédiction pour réussir. Vous avez besoin d’un plan de placement à long terme, d’un portefeuille diversifié et équilibré. Vous avez besoin de discipline et de conseils. Il faut revenir à ce que nous avons dit plus tôt dans l’épisode. Les décisions qui comptent vraiment sont de demander conseil, d’investir et de rester investi. Le reste n’est que du bruit. Honnêtement, la chose la plus importante qu’un client puisse faire pour son bien-être financier est de donner suite aux recommandations qui figurent déjà dans son plan financier écrit. Le conseiller, le client et le gestionnaire professionnel travaillent ensemble. C’est cela qui aide réellement les gens à atteindre leurs objectifs à long terme.
00:15:09
JG Quand je pense au sujet du jour, les marchés de prédiction, la seule chose que je peux suggérer, c’est que si vous faites ce genre de choses, si vous vous lancez dans les paris, dans le jeu ou des activités similaires, considérez cela presque comme une dépense de divertissement. C’est comme acheter des billets de concert : vous ne reverrez jamais cet argent, mais vous espérez passer un bon moment. Gardez cette dépense à un niveau très faible dans votre budget annuel. Mais ce n’est pas comme acheter une participation dans une entreprise, une action ou un fonds dont vous espérez voir la valeur se capitaliser sur de nombreuses années. Évidemment, vous vous attendez à ce que cet actif croisse. Assurez-vous simplement, lorsque vous regardez les marchés de prédiction, de bien comprendre que cela n’a rien à voir avec l’investissement à long terme. Tout repose sur des prédictions très simples.
00:16:04
GS Et pour être clairs, loin de nous l’idée de vous dire quoi faire ici. Nous soulignons simplement les risques réels pour vos objectifs à long terme. Si votre budget est clair, que l’argent ne devrait pas être affecté à autre chose et que cela vous divertit, tant mieux. Évitez simplement d’intégrer cette activité à vos stratégies d’investissement courantes. Avant de conclure, voici quelques questions à vous poser si les marchés de prédiction vous intéressent : Est-ce que je cherche à profiter d’une simple occasion à court terme? Est-ce que je l’aborderais de la même façon si ce n’était de tout cet engouement? Est-ce que cela aide ou nuit à mes objectifs financiers à long terme? Et si vous n’êtes pas certain, c’est exactement pour cela que votre conseiller est là. Vous n’avez pas besoin de prédire correctement tous les événements. En revanche, vous devez rester investi malgré eux. Jason, Mark, merci de vous être joints à moi aujourd’hui pour cet échange important. Et à nos auditeurs, merci d’avoir investi un peu de votre temps dans la conversation d’aujourd’hui. Portez-vous bien et continuez d’investir.
00:16:51
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