Et si l’important pour bien investir n’était pas d’atteindre la perfection, mais de prendre les bonnes décisions clés?
GS Gregory Sweet
JD Justin Dufresne
VO Voix hors champ
00:00:00
GS Rebienvenue à Parlons placements. Je suis votre animateur, Greg Sweet. Aujourd’hui, nous abordons une idée bien ancrée chez de nombreux investisseurs : celle qu’il faut prendre exactement les bonnes décisions à chaque étape pour bâtir un avenir financier solide. Aujourd’hui, nous allons remettre en question cette idée, et ce que nous découvrirons pourrait complètement changer votre façon de voir les placements. Je suis accompagné aujourd’hui de Justin Dufresne, premier directeur, Conseils en placement, ici à la Banque Scotia. Je suis très heureux de vous avoir avec nous, Justin.
00:00:25
JD Très heureux d’être ici, Greg. J’avais hâte à cette conversation.
00:00:28
GS Quand bien des Canadiens pensent aux placements, ils partent du principe que pour bien investir, il faut prendre beaucoup de bonnes décisions : synchroniser parfaitement ses gestes, choisir les bons titres et rester au fait de tout, y compris de l’actualité des marchés financiers. Et je pense que beaucoup de gens portent ce poids-là au moment de prendre des décisions.
00:00:48
JD Il est tout à fait naturel de formuler cette hypothèse, et il ne manque pas d’informations qui la confirment. Et, pour être clair, ces éléments peuvent influencer un parcours d’investissement. Mais ce qui surprend souvent les gens, c’est ceci : quand on prend du recul, ce ne sont pas les décisions du quotidien qui distinguent vraiment un investisseur d’un autre. En fait, s’y attarder trop peut parfois faire plus de tort que de bien.
00:01:12
GS Exact. En réalité, tout se joue plutôt autour de quelques décisions clés – des décisions qui ne semblaient peut-être pas si importantes sur le coup.
00:01:29
JD Exactement. Et quand on prend le temps de décortiquer cela, on peut vraiment voir les placements différemment.
00:01:24
GS D’accord, allons-y.
00:01:26
JD Commençons par la première décision – et elle est peut-être la plus simple en apparence : celle de commencer. Oui, simplement de se lancer.
00:01:35
GS Et je pense que ça paraît plus simple que ça ne l’est en réalité, parce que la plupart des gens savent qu’ils devraient commencer, mais le moment où ils s’engagent vraiment, c’est souvent là que les choses se compliquent.
00:01:47
JD C’est exactement ça. Et la raison d’attendre semble toujours valable sur le coup. Les marchés sont à des sommets historiques. Peut-être que je vais attendre un repli pour acheter à meilleur prix. Les marchés baissent. Je ne veux pas investir mon argent s’ils risquent de baisser encore plus. Il y a de l’incertitude. Je vais attendre que ça se calme. Puis, tout à coup, les jours deviennent des semaines, les semaines deviennent des mois, et parfois même des années.
00:02:12
GS Donc, la recherche du bon moment peut finir par être précisément ce qui vous empêche de commencer. C’est comme rester au bord de l’eau : l’eau paraît toujours trop froide. Elle ne se réchauffe pas pendant qu’on attend, mais une fois dedans, le corps s’adapte, et ce qui semblait inconfortable au départ devient vite beaucoup plus familier. Il faut simplement se jeter à l’eau.
00:02:33
JD Le coût de l’attente n’est pas toujours évident jusqu’à ce qu’on le voie côte à côte. Prenons deux personnes qui investissent régulièrement selon des stratégies semblables. L’une commence à 30 ans et l’autre à 45 ans. Et voici ce qui est frappant : la personne qui a commencé plus tard a en fait cotisé davantage à chaque paie – environ le double, même – et pourtant, à 65 ans, la personne qui a commencé plus tôt aura cotisé moins, tout en se retrouvant avec beaucoup plus. On parle de plus de 50 % de plus.
00:03:08
GS Donc, la personne qui a investi moins s’en est mieux sortie, simplement parce qu’elle a commencé plus tôt.
00:03:12
JD C'est exact. Et l’écart n’a rien de négligeable. Pour la personne qui a commencé plus tôt, la majeure partie de l’actif provient de la croissance, pas des cotisations. Son argent a fructifié pendant si longtemps qu’il a fait l’essentiel du travail. La personne qui commence plus tard, elle, compte surtout sur ses cotisations pour essayer de rattraper l’écart. Même effort, résultat très différent. C’est pourquoi je dis souvent que le temps est l’actif le plus important d’un investisseur.
00:03:41
GS Donc, on n’a pas besoin d’avoir tout compris avant de commencer. Je pense que c’est aussi quelque chose qui freine les gens : ils attendent de se sentir complètement prêts.
00:03:49
JD C’est comme s’inscrire au gym ou se dire qu’on va y aller. On se répète qu’on commencera la semaine prochaine, puis on repousse au mois prochain, et avant même de s’en rendre compte, le temps a passé et on réalise qu’on aurait dû commencer bien plus tôt. Comme on dit, le meilleur moment pour commencer, c’était hier. Le deuxième meilleur moment, c’est aujourd’hui.
00:04:10
GS J’aime bien ça. Donc, la décision de commencer, c’est vraiment la première grande décision. Et une fois lancé, c’est là qu’apparaît la suivante.
00:04:18
JD Supposons que vous ayez pris la décision d’investir. Très bien. Maintenant, la décision suivante – honnêtement, celle qui sera mise à l’épreuve encore et encore pendant tout votre parcours d’investisseur – c’est celle de vous en tenir au plan. Et cette décision est remise en question de toutes sortes de façons. Constamment, et l’un des plus grands défis est le bruit. Et ce n’est vraiment pas quelque chose de nouveau. Les investisseurs ont toujours dû composer avec l’incertitude. Ce qui est différent aujourd’hui, c’est le volume et la rapidité avec lesquels l’information nous parvient. Vous ouvrez votre téléphone et y lisez un grand titre indiquant que les marchés sont sous tension. Vous défilez un peu plus bas, et quelqu’un annonce qu’un krach est imminent. Vous entendez la même chose de la part de collègues, d’amis ou de personnes de votre entourage qui paraissent sûres d’elles et convaincantes.
00:05:06
GS Oui, et cela peut être très difficile à chasser de son esprit, parce qu’il ne s’agit plus seulement de gros titres. C’est quelqu’un dont on respecte l’opinion qui nous donne un conseil bien intentionné. Il devient alors beaucoup plus difficile de l’ignorer, même quand on sait qu’on devrait peut-être le faire.
00:05:20
JD Exactement, parce qu’il y a la relation qui vient avec. Il existe d’ailleurs une tendance bien documentée : quand l’incertitude est élevée, les investisseurs ont tendance à bouger ensemble. L’instinct de suivre ce que tout le monde semble faire est très humain. Mais en placement, l’effet de foule, ou l’instinct grégaire, peut éloigner les gens des meilleurs résultats au lieu de les y conduire.
00:05:42
GS Malgré tout, c’est tellement difficile à ignorer sur le coup.
00:05:45
JD Honnêtement, ce que je trouve utile – et ce que j’ai vu aider beaucoup de gens –, c’est de revenir au fait qu’aucune de ces sources ne concerne votre situation particulière, vos objectifs, votre horizon ou encore votre plan. Les nouvelles brossent un tableau général. Vos collègues parlent de leur propre expérience. Mais ni l’un ni l’autre ne parlent de votre réalité comme le fait votre plan. Se raccrocher à cela aide vraiment à remettre les choses en perspective.
00:06:15
GS C’est une très bonne façon de voir les choses. Mais qu’est-ce qui arrive quand ce n’est plus seulement du bruit, quand les marchés bougent réellement et qu’on voit son portefeuille rétrécir en temps réel?
00:06:25
JD C’est là que ça devient concret. Parce que ce n’est plus qu’un gros titre : c’est votre argent. Vous ouvrez votre compte, le total a baissé, et votre instinct vous implore de faire quelque chose – vous retirer, arrêter l’hémorragie, protéger ce qu’il reste.
00:06:41
GS Cet instinct est tout à fait logique dans la plupart des situations de la vie. Quand quelque chose ne fonctionne pas, limiter ses pertes peut être la bonne approche.
00:06:48
JD Vous avez raison, c’est un réflexe naturel. Mais en placement, la chose la plus efficace à faire dans ces moments-là, c’est souvent… de ne rien faire du tout. Même si ça paraît complètement contre-intuitif.
00:07:00
GS Donc, parfois, la meilleure décision, c’est de ne pas bouger du tout.
00:07:05
JD Souvent, oui. Et voici pourquoi. En règle générale, certaines des périodes les plus fortes des marchés surviennent juste après les plus difficiles. Les meilleures et les pires périodes ont tendance à se regrouper. En fait, historiquement, huit des dix meilleures séances boursières se sont produites dans les cinq jours suivant les pires. Donc, si vous sortez du marché pendant un repli, même si cela vous semble prudent, vous risquez fort de rater la reprise qui suit souvent juste après.
00:07:37
GS Sortir du marché, c’est une chose. Mais réussir à le réintégrer au bon moment, c’en est une autre. Je pense que les gens ne réalisent pas qu’il s’agit en fait de deux décisions, et pas d’une seule.
00:07:47
JD Et c’est la deuxième qui pose problème. Personne ne sait exactement quand ce moment arrivera. Le vrai coût, ce n’est pas seulement la baisse à laquelle vous avez échappé; c’est surtout la reprise que vous avez ratée.
00:07:58
GS Donc, ce que je retiens, c’est que rester investi n’est pas une décision passive. C’est une décision active : choisir de faire confiance au plan précisément au moment où tout vous pousse à vous en éloigner. Réagir, n’importe qui peut le faire. Rester exige une intention.
00:08:13
JD Il y a aussi l’envers de la médaille, parce que tout ce dont nous avons parlé jusqu’à maintenant concernait la peur qui nous fait dévier de notre trajectoire. Mais il y a autre chose qui peut causer le même genre de dommage.
00:08:24
GS Quoi donc?
00:08:26
JD Quand ça va bien ailleurs – quand vous entendez parler d’un titre qui a fortement monté ou d’un secteur qui a connu une année exceptionnelle –, l’attrait peut être tout aussi fort que l’envie de vendre quand tout baisse.
00:08:40
GS Parce que, soyons honnêtes, personne n’a envie d’être celui qui se contente de regarder les autres gagner.
00:08:46
JD Le fameux syndrome FOMO, ou la peur de passer à côté de quelque chose. Ce n’est pas agréable. Mais au moment où une nouvelle fait les manchettes et apparaît dans votre fil, la plus grande partie du rendement a souvent déjà été réalisée. Les gens adorent parler d’un titre qu’ils ont acheté et qui a décollé, mais parlent rarement – ou ne publient presque jamais – au sujet d’un titre qui s’est effondré. On entend moins cette partie-là de l’histoire. Pourtant, dans la réalité, ça arrive tout aussi souvent, voire plus souvent.
00:09:13
GS Et au moment où vous avez vu assez de publications pour avoir l’impression d’avoir manqué quelque chose, il est probablement déjà trop tard. C’est comme changer de voie sur la route parce que l’autre semble avancer plus rapidement, pour finalement ralentir pendant que votre voie d’origine, elle, avance. Et ça, franchement, c’est un des pires sentiments qui soient. N’est-ce pas?
00:09:30
JD Absolument. Vous avez quitté une stratégie qui fonctionnait tranquillement pour vous. Vous voyez tout le monde vous dépasser dans l’autre voie, alors vous décidez d’y aller vous aussi… puis tout bloque et vous regrettez d’avoir changé de voie. Ça arrive à tout le monde. Ça m’est arrivé encore ce matin. Donc, en résumé, la peur peut vous tirer d’un côté, la tentation peut vous tirer de l’autre, et dans les deux cas, c’est le fait de vous en tenir au plan qui vous gardera sur la bonne voie.
00:09:57
GS Et le point d’ancrage consiste à rester centré sur ses propres objectifs. Son propre horizon. Ce qu’une autre personne retire du marché a très peu à voir avec ce dont vous, vous avez besoin.
00:10:06
JD C’est là qu’entre en jeu la troisième décision. Parce que connaître son objectif, connaître son plan et s’y tenir réellement quand les choses s’agitent – positivement ou négativement –, c’est beaucoup de navigation à faire en solo.
00:10:19
GS Donc, même si on comprend tout cela, avoir quelqu’un à ses côtés qui a déjà été témoin d’événements semblables peut être très utile.
00:10:27
JD Absolument, Greg. Et je pense que c’est ce qui en fait une décision en soi, parce que tout ce dont nous avons parlé aujourd’hui paraît simple dans une conversation comme celle-ci. Mais le vivre en temps réel, quand votre portefeuille baisse, quand tout le monde autour de vous est convaincu que tout s’écroule, quand quelque chose paraît excitant et que vous voulez y participer, c’est une tout autre histoire. C’est un peu la différence entre les connaissances théoriques et l’expérience du terrain. Les gens savent souvent ce qu’ils devraient faire, mais cela ne veut pas dire qu’ils le feront réellement.
00:10:49
GS Vous savez, certains pourraient penser qu’avoir un conseiller financier, c’est surtout pour bâtir un plan. Mais c’est aussi avoir quelqu’un à ses côtés quand ce plan est mis à l’épreuve. Parce que, rappelez-vous, ni les médias, ni vos amis, ni vos collègues, ni cet influenceur sur les réseaux sociaux ne connaissent votre situation. Ici, vous avez quelqu’un qui la connaît. Quelqu’un qui connaît votre situation, vos objectifs, votre horizon, et qui peut vous aider à y voir plus clair quand les émotions prennent le dessus. Cela peut vraiment faire toute la différence pour vous aider à prendre des décisions judicieuses.
00:11:31
JD C’est vraiment dans les moments difficiles que la valeur d’un conseiller se révèle le plus.
00:11:36
GS Parler à un conseiller de la Banque Scotia est donc un excellent point de départ. Cette personne peut vous aider à bâtir un plan adapté à votre situation personnelle et à garder le cap quand ces moments-là se présentent. Revenons sur ce que nous avons abordé aujourd’hui. Nous avons parlé de commencer, de s’en tenir au plan et de demander conseil. Sur le coup, aucune de ces décisions ne semble spectaculaire ou drastique.
00:11:56
JD Elles sont discrètes, mais avec le temps, ce sont souvent elles qui façonnent le plus le résultat obtenu.
00:12:03
GS Et ce que je trouve intéressant dans tout cela, c’est que, sur le coup, cela peut paraître banal, presque comme si l’on ne prenait pas réellement de décision. Mais j’imagine que c’est justement ce qui les rend faciles à négliger, et pourquoi elles comptent.
00:12:15
JD Parce qu’au bout du compte, ce ne sont pas les décisions parfaites qui façonnent le résultat. C’est la décision de persévérer au fil du temps.
00:12:23
GS Justin, merci beaucoup d’avoir été avec nous aujourd’hui. J’ai vraiment apprécié cette conversation essentielle.
00:12:27
JD Merci de m’avoir reçu, Greg.
00:12:29
GS À tous nos auditeurs, merci d’avoir pris le temps d’écouter cet épisode de Parlons placements à la Banque Scotia. Nous avons à cœur d’accompagner nos clients grâce à d’excellents conseils, pour l’avenir de tous. À une prochaine.
00:12:41
VO Cet enregistrement a été préparé par Gestion mondiale d’actifs Scotia et est fourni à titre informatif seulement. Les points de vue exprimés à propos d’un placement, d’une économie, d’une industrie ou d’un secteur de marché en particulier ne doivent pas être considérés comme une recommandation d’achat ou de vente ni comme des conseils en placement. Ils ne dénotent par ailleurs aucune intention d’achat ou de vente des gestionnaires de Gestion mondiale d’actifs Scotia. Ces points de vue peuvent changer à tout moment, selon l’évolution des marchés et d’autres facteurs. Nous déclinons toute responsabilité quant à la mise à jour de ces points de vue.
Le présent document contient des renseignements ou des données provenant de sources externes qui sont réputées fiables et exactes en date de la publication, mais Gestion mondiale d’actifs Scotia ne peut en garantir la fiabilité ni l’exactitude. Aucun élément de cet enregistrement ne constitue une promesse ou une déclaration quant à l’avenir. Un placement dans des fonds communs de placement peut donner lieu à des commissions, des commissions de suivi, des frais de gestion et d’autres frais. Prenez connaissance du prospectus avant d’investir. Les taux de rendement indiqués correspondent aux rendements totaux annuels composés statistiques, en tenant compte des variations de la valeur des parts et du réinvestissement de toutes les distributions, sans tenir compte des ventes, des rachats, des distributions, ni des frais optionnels ou de l’impôt sur le revenu à verser par le porteur de titres, ce qui en réduit les rendements.
Les parts de fonds communs de placement ne sont pas garanties; leur valeur fluctue fréquemment et leur rendement passé n’est pas indicatif de leur rendement futur. Gestion mondiale d’actifs Scotia est un nom commercial utilisé par Gestion d’actifs 1832 S.E.C., société en commandite dont le commandité est détenu en propriété exclusive par la Banque Scotia. Marque déposée de La Banque de Nouvelle-Écosse, utilisée sous licence. © La Banque de Nouvelle-Écosse. Tous droits réservés.