Le gestionnaire de portefeuille Wes Blight explique en quoi les tensions au Moyen-Orient perturbent les marchés et sur quoi les investisseurs devraient se concentrer en période de volatilité.
Désignation des conférenciers :
GS Gregory Sweet
WB Wesley Blight
VHC Voix hors champ
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GS Bienvenue à nouveau à Parlons placements. Je suis votre animateur, Greg Sweet. Et aujourd’hui, j’ai le plaisir de recevoir Wes Blight, gestionnaire de portefeuille de l’équipe Gestion multi-actifs, pour discuter de la récente escalade du conflit au Moyen-Orient et de ses répercussions sur les marchés et les investisseurs à long terme. C’est l’un de ces moments où l’actualité évolue plus vite que la plupart des gens n’arrivent à la suivre. J’espère donc que vous pourrez nous aider à ralentir le rythme et à apporter un peu de perspective. Wes, merci de vous joindre à nous.
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WB Ravi d’être ici, même si le sujet est difficile.
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GS Bien sûr. Commençons par une vue d’ensemble. Que se passe-t-il exactement jusqu’à présent dans le conflit impliquant l’Iran? Les investisseurs voient passer les gros titres, mais n’ont pas toujours un portrait clair et structuré de la situation. Ils regardent des images à la télévision, reçoivent des notifications sur leur téléphone et il peut être difficile de relier tout ce bruit médiatique à ce que cela signifie réellement pour leur portefeuille.
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WB Tu as raison, et les manchettes peuvent être accablantes. D’un point de vue global, les tensions au Moyen-Orient se sont fortement intensifiées à la fin février et au début mars, avec des actions militaires directes impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran. Nous avons déjà vu des frappes aériennes, la fermeture temporaire d’infrastructures énergétiques clés et des perturbations des routes maritimes dans la région. Ce qui change cette fois-ci, c’est que nous sommes passés de conflits indirects à une confrontation plus directe, ce qui, naturellement, augmente les enjeux.
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Alors, qu’est-ce que tout cela signifie vraiment pour les marchés et les investisseurs? Comment devrions-nous aborder la situation d’un point de vue investissement?
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Au cœur de tout cela, il y a bien sûr de véritables coûts humains : des pertes de vies, des familles déplacées et des communautés plongées dans l’incertitude. Il est important de le reconnaître avant même d’aborder la question des marchés. Et lorsque nous parlons de risque dans un contexte d’investissement, il ne faut pas perdre de vue que, pour les personnes sur le terrain, rien de tout cela n’est abstrait. C’est leur réalité quotidienne. Nous espérons donc qu’une solution pourra être trouvée rapidement. Du point de vue des marchés, les préoccupations se sont rapidement tournées vers les prix de l’énergie et du pétrole, surtout en raison du détroit d’Ormuz – un passage critique entre Oman et l’Iran par lequel transite environ 20 % du pétrole transporté par voie maritime dans le monde, soit près de 20 millions de barils de pétrole par jour, l’équivalent d’environ un cinquième du pétrole mondial. Il s’agit de l’une des routes maritimes les plus achalandées et les plus stratégiques de la planète. À cela s’ajoute une incertitude accrue entourant la direction politique de l’Iran et les prochaines étapes possibles, ce qui nourrit les craintes d’une escalade supplémentaire. Le risque géopolitique est ainsi redevenu un facteur déterminant pour les marchés, et il se reflète surtout dans le secteur de l’énergie et dans les attentes en matière d’inflation. Comme je l’ai mentionné, nous constatons déjà ces effets dans les prix du pétrole brut, ce qui peut influencer les prix à la pompe, les coûts de transport et, plus largement, les chaînes d’approvisionnement. Tout cela a des répercussions sur l’inflation. Les coûts de l’énergie, lorsqu’ils restent élevés, ont tendance à exercer une pression haussière sur l’inflation; si les prix du pétrole demeurent soutenus, cela pourrait ralentir le rythme des baisses de taux d’intérêt, les banques centrales devant composer avec cet impact inflationniste. Au-delà de l’énergie, les marchés boursiers et obligataires font face à une volatilité accrue. L’augmentation de l’incertitude entraîne généralement un mouvement d’aversion au risque : certains investisseurs réduisent leur exposition aux actifs plus risqués et se tournent vers les valeurs refuges traditionnelles. Nous avons déjà observé des flux vers l’or et un certain raffermissement du dollar américain. Tout cela correspond très bien à la réaction typique observée lors d’épisodes de risque géopolitique. Jusqu’ici, la réaction des marchés est assez classique : les investisseurs achètent et vendent au gré des nouvelles, alors que la visibilité demeure limitée au départ. Il s’agit essentiellement d’une réaction instinctive à l’incertitude accrue.
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GS Je suis tout à fait d’accord.
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WB L’essentiel, du point de vue de l’investisseur, est que les mouvements de marché à court terme reflètent surtout une réaction à l’incertitude et au bruit, et non à une remise en cause des fondamentaux à long terme. L’histoire montre que le repli moyen associé aux grands chocs géopolitiques est d’environ 5 %, et que les marchés se rétablissent généralement en près d’un mois et demi, une fois que davantage d’information devient disponible et est intégrée par le marché.
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GS Cela nous amène naturellement à la question suivante. Que fait votre équipe en réaction à la situation? Procède-t-elle à des changements majeurs? Restez-vous en attente? Et comment les investisseurs devraient-ils comprendre ce qui se passe en coulisses?
00:04:10
WB La première chose à dire, c’est que des événements comme celui-ci ne sont ni inattendus ni nouveaux pour nous. Ce n’est pas la première fois que nous faisons face à un choc géopolitique, et malheureusement, ce ne sera pas la dernière. Si l’on regarde les dernières décennies – de la guerre du Golfe à l’invasion de l’Iraq en passant par divers conflits régionaux – les marchés ont traversé de nombreux épisodes de ce genre. Et nous avons déjà surmonté des situations similaires à maintes reprises. Il existe donc un cadre d’action bien établi quant à la manière dont nous assurons la surveillance et la gestion de ces situations. À l’heure actuelle, nos équipes de portefeuille suivent de près l’évolution de la situation : notre équipe de gestion multi‑actifs au niveau global du portefeuille, ainsi que les gestionnaires de fonds sous‑jacents avec lesquels nous investissons. Nous surveillons l’évolution du conflit, les réponses politiques, les marchés de l’énergie ainsi que la réaction des entreprises. Pour nos solutions de portefeuille, la répartition stratégique de l’actif demeure inchangée — et c’est intentionnel. et c’est intentionnel. Ces portefeuilles sont conçus en fonction d’objectifs et d’horizons à long terme, et ceux‑ci n’ont pas changé. Un événement, même sérieux, ne vient pas remettre cela en question. Là où nous pourrions nous ajuster au fil du temps, c’est au niveau du positionnement tactique, qui porte sur les 12 à 18 prochains mois, à mesure que les risques et les occasions se précisent. S’il y a bien une chose que ce type d’événement vient renforcer, c’est la valeur de la diversification : entre les catégories d’actifs, les régions, les styles et les secteurs. Et comme toujours, un portefeuille diversifié et géré professionnellement vous évite de miser sur un seul scénario dans une seule région — précisément au moment où il ne le faudrait pas.
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GS Eh bien, si l’on parle de maintenir un revenu, il existe toute une gamme d’approches possibles. Votre équipe est vraiment formée pour gérer ce type de situation. C’est un peu comme les pilotes qui s’entraînent à affronter des turbulences : la plupart des vols se déroulent sans encombre, mais on veut tout de même quelqu’un dans le cockpit qui a répété exactement quoi faire lorsque le signal de la ceinture s’allume. On ne veut pas qu’ils paniquent ni qu’ils improvisent. On veut qu’ils appliquent la même liste de vérification qu’ils ont parcourue des dizaines et des dizaines de fois. C’est essentiellement ce que fait votre équipe : rester calme, suivre le processus et maintenir les portefeuilles des clients sur la bonne trajectoire, même lorsque le contexte devient un peu agité. Cela dit, les investisseurs se demanderont toujours : “Dois‑je vendre? Devrais-je passer à l’encaisse? Est-ce le début de quelque chose de plus important? Alors, qu’est‑ce que les investisseurs devraient réellement faire dans un contexte comme celui‑ci?
00:06:28
WB La première étape consiste à reconnaître la réaction de choc initiale. Il est tout à fait normal que la volatilité suscite des émotions comme l’anxiété, la peur ou l’envie d’agir. En réalité, demeurer investi est souvent la décision la plus difficile, mais aussi la plus importante en de telles périodes. La tentation est grande de réagir aux manchettes, aux médias sociaux ou même à ce que font les amis et la famille — mais ces sources ne constituent généralement pas une base fiable pour une discipline de placement à long terme. Nous encourageons plutôt les investisseurs à se concentrer sur leur plan à long terme, et non sur les fluctuations de marché à court terme. Pour la plupart d’entre eux, l’horizon de placement se mesure en années, voire en décennies, et non en jours ou en semaines. En période de volatilité, il est compréhensible que de nombreux investisseurs ressentent le besoin d’agir, ne serait‑ce que pour retrouver un sentiment de contrôle. Mais bien souvent, la meilleure décision consiste à éviter les réactions impulsives. Dans un contexte d’incertitude momentanée, les investisseurs à long terme peuvent être mis à l’épreuve par des réflexes de court terme. La trésorerie et d’autres valeurs refuges peuvent offrir un certain apaisement face à la volatilité, mais ce soulagement est généralement temporaire. Le véritable risque, c’est de rater les premières phases d’une reprise. Les marchés ont souvent tendance à rebondir avant que le flux de nouvelles ne s’améliore, et manquer ces premiers gains peut avoir un impact durable sur les rendements à long terme.
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GS Je suis tout à fait d’accord avec vous. Et c’est précisément là que les conseillers jouent un rôle essentiel. Il peut être extrêmement utile de parler à votre conseiller : revoir vos objectifs, réexaminer votre plan et discuter calmement et rationnellement de vos préoccupations. Wes, merci pour cette analyse posée et très éclairante. Pour conclure, pouvez-vous replacer tout cela dans un contexte historique plus large? Nous avons déjà traversé des périodes marquées par des manchettes éprouvantes. Que nous enseigne l’histoire?
00:08:15
WB L’histoire nous offre un constat assez constant. Des guerres passées aux crises régionales en passant par divers chocs géopolitiques, les marchés ont souvent tendance à reculer au moment où la nouvelle éclate, puis à se stabiliser à mesure que les investisseurs gagnent en visibilité, avant de finir par se redresser. Et bien souvent, ce redressement survient bien avant que le conflit ne soit entièrement résolu. Si l’on examine plus de vingt grands événements géopolitiques depuis le début des années 1940, le rendement médian un an après l’événement demeure positif – généralement dans une fourchette de croissance à un chiffre, de l’ordre du moyen à l’élevé. Les marchés ont déjà traversé des guerres et des conflits, et même si la volatilité accompagne fréquemment ces épisodes, elle modifie rarement leur trajectoire à long terme. Le parcours peut être cahoteux, mais l’orientation des marchés sur plusieurs décennies est dictée par l’innovation, la productivité et la croissance des bénéfices – non par un événement isolé. Il suffit de penser à des épisodes comme la crise des missiles de Cuba, la guerre des Six Jours ou l’invasion du Koweït par l’Iraq : tous semblaient, à l’époque, porteurs d’enjeux existentiels. Pourtant, un an plus tard, les marchés affichaient des niveaux nettement plus élevés dans chacun de ces cas.
00:09:23
GS Je dirais que pour les investisseurs, le principal conseil est en réalité assez simple. Restez calme. Il est facile de laisser les émotions prendre le dessus en période de stress. Rester sur la touche ou vendre pour ressentir un soulagement temporaire en liquidités pourrait coûter beaucoup plus cher à long terme. Maintenez une bonne diversification. La diversification est essentielle lorsque les marchés sont sous tension. Une solution de portefeuille gérée par des professionnels est conçue pour mieux résister qu’une exposition étroite et concentrée. Faites preuve de patience. Les replis du marché et les poussées de volatilité ne durent pas éternellement. Bien que cela puisse prendre du temps, les marchés se sont historiquement redressés et ont récompensé les investisseurs patients. Respectez votre plan. Les ralentissements font partie du parcours. Un plan financier solide procure la discipline nécessaire pour traverser les périodes d’incertitude à court terme. Concentrez‑vous sur ce que vous pouvez contrôler, gardez une perspective à long terme, demeurez diversifié et laissez des gestionnaires de portefeuille expérimentés vous guider pendant les périodes difficiles. Donc, pour résumer pour les investisseurs : oui, la situation est regrettable et inconfortable. Oui, les marchés réagissent. Mais non, cela ne remet pas en cause la thèse d’investissement à long terme. Concentrez‑vous sur ce que vous pouvez contrôler, maintenez une vision à long terme, restez diversifié et laissez des gestionnaires chevronnés piloter vos placements pendant les périodes difficiles. Enfin, si vous souhaitez mieux comprendre comment les marchés ont réagi historiquement aux chocs géopolitiques, parlez‑en à votre conseiller. Nous disposons de graphiques et de données que nous pouvons examiner ensemble pour replacer les enjeux actuels dans un contexte historique beaucoup plus large — et souvent beaucoup plus rassurant. Wes, merci de nous avoir guidés à travers tout cela.
00:11:00
WB Merci de m’avoir invité.
00:11:01
GS Et à nos clients, merci de votre présence.
00:11:03
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