Les opérations sur les marchés de prédiction font une entrée remarquée au Canada, suscitant l’intérêt des médias et des réseaux sociaux. Présentés comme un moyen de parier sur l’avenir et de gagner de l’argent si on voit juste, ces marchés semblent assez simples. Mais derrière tout cet engouement médiatique se cachent d’importantes questions : Quels comportements encouragent-ils? Qui profite de ces opérations? Ces marchés soutiennent-ils les objectifs financiers à long terme des Canadiens ou, au contraire, les compromettent-ils? Voici ce que les Canadiens devraient savoir sur les marchés de prédiction avant d’y investir.

Comprendre les marchés de prédiction

Les marchés de prédiction permettent aux participants d’acheter et de vendre des contrats de prédiction (aussi appelés « contrats événementiels ») et de spéculer sur le fait qu’un événement se concrétisera ou pas (« oui » ou « non »). Au Canada, les organismes de réglementation ont limité les opérations sur ce type de marchés aux prévisions économiques, aux prévisions environnementales et aux indicateurs financiers

Figure 1 : Exemple de marché de prédiction

Document infographique expliquant le fonctionnement d’un marché de prédiction. La question suivante est inscrite dans une boule de cristal : « Pleuvra-t-il dans 30 jours? » Les investisseurs peuvent acheter un contrat binaire (OUI ou NON). Avant le règlement, la valeur du contrat peut varier en fonction des prédictions des autres investisseurs. Les investisseurs ont la possibilité de vendre plus tôt pour réaliser des gains ou limiter les pertes. Au règlement, si l’investisseur a vu juste, il est récompensé; dans le cas contraire, le contrat expire et n’a plus aucune valeur.

Pourquoi les marchés de prédiction attirent-ils autant l’attention?

Une partie de l’attrait de ces marchés tient à l’expérience qu’ils procurent. Ils sont dynamiques, interactifs et s’articulent autour de boucles de rétroaction rapides. Comme l’actualité est une source inépuisable de nouvelles « occasions », les marchés de prédiction offrent une expérience stimulante, presque amusante. C’est d’ailleurs l’une des principales raisons de leur popularité croissante.

Et il y a aussi l’effet de nouveauté. C’est le cas des marchés de prédiction au Canada qui, comme bien des phénomènes du genre, provoquent la curiosité et le syndrome FOMO. Toutefois, la curiosité n’est pas une raison d’investir, et la nouveauté n’est pas forcément synonyme d’occasion à saisir.

Les contrats de prédiction sont-ils une forme de placement?

Malgré quelques similitudes terminologiques, les marchés de prédiction traitent des opérations spéculatives et non des placements (figure 2). En fait, plusieurs estiment qu’ils s’apparentent davantage aux jeux de hasard.

Figure 2 : Marchés de prédiction et placement à long terme

  Négociation sur les marchés de prédiction Placement à long terme
Ce que vous possédez Une position spéculative liée à un résultat binaire (« oui/non »). Des actifs ayant une valeur sous-jacente.
Facteurs psychologiques De la rétroaction rapide, un gain ou une perte, un nombre illimité d’« occasions ».

De la rigueur, de la patience et une perspective à long terme.

Potentiel de récupération Si la position est détenue jusqu’au règlement et que le résultat est contraire à celui escompté, elle peut perdre toute sa valeur.

Des portefeuilles diversifiés peuvent se remettre d’épisodes de volatilité ou de repli du marché et continuer à fructifier au fil du temps.

Objectif Spéculation à court terme Croissance du patrimoine à long terme

Quels sont les risques des marchés de prédiction pour les investisseurs à long terme?

Le véritable risque ne réside pas dans la perte d’un pari, mais dans le fait que les investisseurs à long terme finissent par perdre de vue leur plan financier. Ces marchés sont orientés sur la prise de décisions rapides, la rétroaction quasi immédiate et la recherche de résultats à court terme. Avec le temps, cette façon de penser peut détourner les investisseurs de la structure, de la discipline et de la patience requises pour atteindre leurs objectifs à long terme et bâtir leur patrimoine.

Vous vous intéressez aux marchés de prédiction? Avant toute chose, posez-vous ces quelques questions :

  • Ma décision repose-t-elle sur le syndrome FOMO?
  • Est-ce que je prendrais la même décision si l’accès n’était pas aussi facile?
  • Est-ce que ce choix m’aide à bâtir mon avenir financier ou me détourne de mes objectifs?

Si certaines réponses demeurent floues, cette incertitude est peut-être révélatrice. Un conseiller de la Banque Scotia peut vous aider à répondre à ces questions et à voir au-delà de l’attrait à court terme des marchés de prédiction.

Quelques données

Env. 70 % des participants aux marchés de prédiction perdent de l’argent; l’essentiel des gains est réalisé par les systèmes de négociation automatisés plutôt que par les investisseurs ordinaires1.

1 % des participants aux marchés de prédiction encaissent 77 % de tous les profits2.

2017 l’année où les autorités canadiennes de réglementation des valeurs mobilières ont interdit ce type de contrat binaire à court terme, invoquant des préoccupations concernant les risques de fraude et de préjudices potentiels pour les investisseurs3. Depuis, seuls certains contrats sont autorisés, sous réserve de conditions rigoureuses4.

Sur quoi les investisseurs devraient-ils plutôt se concentrer?

Dans les faits, ce n’est pas une série de prédictions justes qui permettra à un investisseur d’atteindre ses objectifs. C’est plutôt un plan, et une solution de placement conçue pour le réaliser. Les portefeuilles diversifiés, comme les Portefeuilles Essentiels Scotia, permettent aux Canadiens d’investir dans un large éventail d’occasions de placement au lieu de miser sur des résultats binaires. Chaque portefeuille comprend différentes catégories d’actifs, une exposition à des marchés mondiaux et diverses approches de placement qui permettent d’équilibrer le risque et le rendement, et qui contribuent à faire fructifier l’épargne à long terme.

Les sommes mises de côté pour la retraite, les études d’un enfant ou d’autres objectifs à long terme sont précieuses; elles doivent donc être investies en respectant l’horizon de placement, les objectifs de placement et la tolérance au risque de l’investisseur.

Ce qu’en pensent nos gestionnaires de portefeuille

Si une seule de vos prédictions se réalise, il s’agit d’un gain isolé – pour continuer à gagner, vous devez renouveler l’exploit, encore et encore. Un pari pour lequel vos chances de gagner sont de 90 % comporte tout de même un risque de 10 % de tout perdre. Par contre, un portefeuille génère des rendements composés au fil du temps. Les seuls éléments que vous devez vraiment connaître sont ceux qui vous concernent : votre horizon de placement et vos objectifs. Ce sont là des aspects que vous évaluez avec un conseiller, et non des éléments que vous devez prédire.

— Mark Fairbairn, vice-président et gestionnaire de portefeuille, Gestion mondiale de placements

Pour en savoir plus, écoutez notre balado sur les marchés de prédiction.

En résumé

L’implantation des marchés de prédiction au Canada ne change rien aux principes fondamentaux des placements à long terme : les investisseurs ont toujours besoin d’un plan bien défini, d’un portefeuille diversifié qui correspond à leurs objectifs et de la discipline requise pour maintenir le cap en période d’incertitude.

C’est là que les conseils financiers font la différence. Un conseiller peut vous aider à voir au-delà des tendances à court terme, à éviter les distractions et à rester concentré sur ce qui compte : vos objectifs, votre horizon de placement et votre avenir financier à long terme.

La planification l’emporte sur les prédictions, surtout quand il est question de votre avenir financier.

Un conseiller de la Banque Scotia peut revoir votre plan financier avec vous et vous aider à garder le cap sur vos priorités.