Retour sur août
Les marchés nord-américains ont progressé en août, soutenus par de solides bénéfices d’entreprise et un regain de confiance dans les investissements liés à l’intelligence artificielle (IA), malgré un contexte macroéconomique plus difficile. L’échec des négociations entre le Canada et les États-Unis, puis l’entrée en vigueur de nouveaux tarifs douaniers américains le 22 août, ont nourri les préoccupations des investisseurs quant aux perspectives de croissance économique, d’inflation et d’investissement des entreprises au Canada. Parallèlement, les tensions persistantes entre les États-Unis et l’Iran ont maintenu l’attention sur le détroit d’Ormuz et l’approvisionnement mondial en énergie, attisant la volatilité des marchés pétroliers. Les solides bénéfices des géants technologiques ont dissipé les craintes d’un essoufflement des investissements dans l’IA. Malgré l’incertitude commerciale persistante, les risques géopolitiques et les attentes changeantes à l’égard de la durabilité de la croissance stimulée par l’IA, les marchés boursiers ont fait preuve d’une remarquable résilience en août.
Voici quelques faits saillants du mois d’août :
Les négociations échouent : les tensions canado-américaines s’intensifient. Les négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis ont dominé les manchettes à la fin d’août. La décision des États-Unis de repousser l’entrée en vigueur de tarifs douaniers de 50 % sur environ 28 milliards de dollars canadiens d’exportations canadiennes a laissé entrevoir la possibilité de conclure une entente. Toutefois, les négociations ont échoué et les tarifs sont entrés en vigueur le 22 août. En réponse, le Canada a annoncé des contre-mesures tarifaires équivalentes au dollar près et au taux près sur environ 28 milliards de dollars canadiens d’importations américaines, ciblant des secteurs comme l’acier, les produits laitiers, les électroménagers et l’électronique. Le gouvernement fédéral a également mis en place un programme de soutien de 7,5 milliards de dollars canadiens visant à aider les travailleurs et les entreprises les plus touchés par les tarifs douaniers.
Les tensions entre les États-Unis et l’Iran entretiennent l’incertitude sur les marchés de l’énergie. Au fil des négociations visant à rétablir la circulation dans le détroit d’Ormuz, la possibilité d’une accalmie entre les États-Unis et l’Iran a refait surface à plusieurs reprises. Or, aucune entente durable n’a pu être conclue et les tensions se sont aggravées à la fin du mois. De fait, les États-Unis ont élargi leurs sanctions économiques contre l’Iran et ses partenaires commerciaux, tandis que l’Iran a continué de menacer l’approvisionnement énergétique dans la région. À la fin du mois, de nouvelles attaques militaires entre les deux pays ont ravivé les tensions. Les marchés pétroliers ont alors été secoués, tandis que les risques liés à l’approvisionnement énergétique mondial et à l’inflation sont demeurés élevés.
| Indice† | Variation (%) | Niveau de l'indice | ||
|---|---|---|---|---|
| 1 mois | Cumul annuel | 1 an | ||
| Bons du Trésor | 0,19 | 1,49 | 2,37 | 193,73 |
| Obligations canadiennes | -0,21 | 0,44 | 2,01 | 1 205,12 |
| Actions canadiennes | 3,10 | 16,04 | 29,96 | 36 270,48 |
| Obligations américaines | 0,39 | -0,31 | 1,89 | 2 341,67 |
| Actions américaines | 2,72 | 13,12 | 20,35 | 7 686,14 |
| Actions mondiales | 2,60 | 13,42 | 20,87 | 4 967,92 |
| Marchés émergents | 3,39 | 24,33 | 39,64 | 1 719,31 |
| Devises† | Variation (%) | Taux de change | ||
|---|---|---|---|---|
| 1 mois | Cumul annuel | 1 an | ||
| $ CA/$ US | 1,21 | -0,93 | -0,81 | 0,7218 |
| $ CA/euro (€) | 0,40 | 0,15 | -0,21 | 0,6213 |
| $ CA/livre sterling (£) | 0,66 | -1,50 | -1,13 | 0,5327 |
| $ CA/yen (¥) | 2,69 | 0,92 | 7,71 | 115,313 |
| Produits de base ($ US)† | Variation (%) | Prix | ||
|---|---|---|---|---|
| 1 mois | Cumul annuel | 1 an | ||
| Or au comptant ($/once) | 32,39 | 19,10 | 63,66 | 407,64 |
| Pétrole WTI ($/baril) | 5,24 | 50,59 | 38,32 | 85,76 |
| Gaz naturel ($/MBTU) | 5,31 | -21,96 | -25,81 | 2,94 |
Source : Bloomberg. Les bons du Trésor sont représentés par l’indice des bons du Trésor à 60 jours FTSE Canada (en $ CA), les obligations canadiennes sont représentées par l’indice des obligations universelles FTSE Canada (en $ CA), les actions canadiennes sont représentées par l’indice composé de rendement total S&P/TSX (en $ CA), les actions américaines sont représentées par l’indice de rendement total S&P 500 (en $ US), les actions internationales sont représentées par l’indice de rendement brut MSCI EAEO (en $ US), les actions des marchés émergents sont représentées par l’indice de rendement brut MSCI Marchés émergents (en $ US) et les actions européennes sont représentées par l’indice MSCI Europe (en €). Les indices ne sont pas gérés et il n’est pas possible d’y investir directement. L’exemple suppose que tous les revenus sont réinvestis et qu’il n’y a pas de frais de transaction ni d’impôt.
† Rendement total, au 31 août 2026.
Les actions américaines profitent des solides bénéfices et de la demande en IA. Une grande majorité des entreprises du S&P 500 ont publié des résultats supérieurs aux attentes pour le deuxième trimestre, ce qui a soutenu les actions américaines en août. Le secteur des technologies de l’information est demeuré un moteur important, porté par les investissements soutenus dans l’IA malgré les tensions commerciales, la hausse des rendements obligataires et l’incertitude géopolitique. À la fin du mois, les prévisions de NVIDIA pour son prochain exercice, qui tablaient sur une croissance des ventes d’environ 70 %, ont largement dépassé les attentes et dissipé les craintes d’un essoufflement des investissements dans l’IA. Porté par l’enthousiasme des investisseurs, le secteur canadien des technologies de l’information a progressé de 12,9 % en août, illustrant l’influence grandissante de l’IA sur les marchés et la croissance économique.
Le saviez-vous?
Le compte courant du Canada affiche un excédent de 8,8 milliards de dollars au deuxième trimestre de 2026. Il s’agit du premier excédent depuis 2022 et du plus important depuis 2005. Un excédent du compte courant survient lorsque les revenus qu’un pays tire de ses exportations, de ses services et de ses revenus de placement dépassent ses dépenses liées aux importations et aux paiements versés à d’autres pays; autrement dit, il entre plus d’argent au pays qu’il n’en sort. L’excédent commercial s’est hissé à 12,2 milliards de dollars, soutenu par la vigueur des exportations des secteurs de l’énergie et de l’automobile. Quant au secteur des matériaux, il a bondi de 25,8 % en août, propulsé par la demande des investisseurs pour les entreprises liées aux produits de base. Les investisseurs étrangers ont injecté un montant record de 110,2 milliards de dollars dans des titres de créance canadiens – dont 80,8 milliards de dollars dans des obligations d’État – et réduit leurs positions en actions canadiennes de 9,6 milliards de dollars, marquant un deuxième trimestre consécutif de liquidation. Ce contraste illustre la confiance des investisseurs dans l’économie canadienne, tout en reflétant une approche plus sélective à l’égard des actions.
Points de vue de nos gestionnaires de portefeuille
Malgré l’avalanche de manchettes sur la guerre commerciale, l’impact sur les marchés est demeuré relativement limité en août. Les développements récents ont toutefois ravivé l’incertitude économique et boursière, ce qui a incité les investisseurs à évaluer attentivement les éventuelles répercussions sur la croissance mondiale, l’inflation et le commerce international.
La guerre commerciale constitue un enjeu économique important, sans être un risque systémique pour les marchés ou pour les portefeuilles à l’heure actuelle. Ses répercussions sont demeurées limitées à quelques secteurs, alors que les marchés boursiers et obligataires ont conservé leur résilience. Nous surveillons la situation de près et ajustons notre positionnement au besoin. Nos portefeuilles nous permettent d’intervenir rapidement et de procéder à des ajustements ciblés lorsque les conditions du marché ou les perspectives économiques changent de manière importante.
— Craig Maddock, vice-président, gestionnaire de portefeuille principal et chef de l’équipe Gestion multi-actifs