Retour sur juillet

Les marchés nord-américains ont pratiquement fait du surplace en juillet, mais cette stabilité apparente masque une grande volatilité sous-jacente, les investisseurs ayant dû composer avec la montée des tensions au Moyen-Orient, le retour de l’incertitude commerciale en Amérique du Nord et une saison des résultats d’entreprises déterminante. Du côté des marchés de l’énergie, la recrudescence du conflit au Moyen-Orient a fait monter les prix du pétrole, ce qui a ravivé les craintes entourant l’inflation et compliqué la tâche de la Réserve fédérale américaine. Celle-ci a finalement maintenu son taux directeur dans une fourchette de 3,50 % à 3,75 % à l’issue d’un vote partagé (9 contre 3) lors de sa réunion de juillet. Les résultats du deuxième trimestre ont provoqué un changement marqué de l’attitude des investisseurs à l’égard de l’intelligence artificielle. Au lieu de simplement céder à l’engouement, les investisseurs ont exigé des preuves concrètes de la rentabilité de l’IA, ce qui a favorisé une certaine rotation sectorielle et fait en sorte qu’un plus grand nombre de titres ont contribué au rendement. En définitive, le mois de juillet a rappelé que la stabilité apparente des marchés peut être trompeuse et mis en évidence le rôle crucial de la gestion active et de la diversification dans un environnement macroéconomique en constante évolution.

Voici quelques faits saillants du mois de juillet :

L’incertitude entourant le commerce nord-américain s’est accentuée en juillet, les États-Unis remettant en question l’ACEUM. Les relations commerciales se sont nettement détériorées en Amérique du Nord au cours du mois, les États-Unis ayant refusé de renouveler l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) dans sa forme actuelle le 1ᵉʳ juillet, ce qui a relancé le débat sur le cadre à long terme régissant le libre-échange entre les trois pays. La situation s’est brusquement aggravée le 20 juillet. Le président Trump a invoqué l’article 338 de la Tariff Act of 1930 pour imposer, à compter du 19 août, des droits de douane supplémentaires de 50 % sur près de 20 milliards de dollars américains d’importations canadiennes. Cette disposition n’avait pas été utilisée depuis plus de 70 ans. Et surtout, ces droits contournent les protections prévues par l’ACEUM. Ils visent plusieurs secteurs clés, notamment l’automobile, les produits laitiers et les boissons alcoolisées, de même que certains produits comme le ciment et le contreplaqué. Même si les exportations canadiennes sont demeurées stables jusqu’à présent, ces mesures ont accentué l’incertitude entourant l’évolution future des échanges commerciaux et leurs répercussions possibles sur la croissance économique.

Les tensions au Moyen-Orient replacent les marchés de l’énergie au premier plan. Le fragile cessez-le-feu conclu en juin a volé en éclats dès le début du mois de juillet. La reprise des hostilités a fortement perturbé la circulation dans le détroit d’Ormuz, un corridor essentiel à l’approvisionnement énergétique mondial. Les tensions sont restées vives pendant la majeure partie du mois, malgré une brève trêve durant la fin de semaine du 25 juillet. Les perturbations du trafic maritime ont brièvement fait remonter le cours du pétrole Brent au-delà de 100 $ US le baril. Il est toutefois redescendu par la suite pour s’établir aux alentours de 90 $ US, les déclarations de responsables iraniens laissant entrevoir des progrès dans les pourparlers visant à rétablir la circulation des navires, après la décision du président Trump de renoncer à une importante attaque contre l’Iran. Du point de vue des marchés et des placements, ces événements ont contribué à la hausse des prix du pétrole et au solide rendement des secteurs liés à l’énergie.

Indice   Variation (%)   Niveau de l'indice
1 mois Cumul annuel 1 an
Bons du Trésor (indice des bons du Trésor à 60 jours FTSE Canada) 0,20 1,30 2,40 193,36
Obligations canadiennes (indice des obligations universelles FTSE Canada) -1,55 0,66 2,61 1 207,69
Actions canadiennes (indice composé S&P/TSX) 1,22 12,56 32,31 35 226,14
Obligations américaines (indice Bloomberg U.S. Aggregate Bond, $ US) -1,30 -0,69 2,71 2 332,59
Actions américaines (indice S&P 500, $ US) -0,06 10,12 19,53 7 489,72
Actions mondiales (indice MSCI Monde, $ US) 0,53 10,54 20,91 4 847,88
Marchés émergents (indice MSCI Marchés émergents, $ US) -3,03 20,25 37,04 1 665,89
Devises   Variation (%)   Taux de change
1 mois Cumul annuel 1 an
$ CA/$ US 1,25 -2,11 -1,18 0,7132
$ CA/euro (€) 0,34 -0,26 -2,14 0,6188
$ CA/livre sterling (£) -0,38 -2,15 -3,18 0,5292
$ CA/yen (¥) -1,93 -1,72 3,20 112,295
Produits de base ($ US)   Variation (%)   Prix
1 mois Cumul annuel 1 an
Or au comptant ($/once) -3,09 -10,04 50,78 307,90
Pétrole WTI ($/baril) 22,23 48,52 31,41 84,67
Gaz naturel ($/MBTU) -13,99 -26,06 -30,30 2,75

† Rendement total au 31 juillet 2026; indices libellés dans leur monnaie locale.
Source : Bloomberg
Les indices ne sont pas gérés et il n’est pas possible d'y investir directement.

Les bénéfices des entreprises soutiennent les marchés, même si les dépenses dans l’IA soulèvent des interrogations. La période de publication des résultats du deuxième trimestre a fourni aux investisseurs de précieux renseignements sur l’état de santé des entreprises et de l’économie en général. Aux États-Unis, les bénéfices ont généralement dépassé les attentes : 86 % des sociétés de l’indice S&P 500 ayant publié leurs résultats ont surpassé les prévisions, une proportion bien supérieure à la moyenne historique. Les investisseurs se sont toutefois montrés de plus en plus sceptiques quant à la capacité des grandes sociétés technologiques à tirer des rendements suffisants de leurs investissements croissants dans l’IA. Cette remise en question a entraîné une réévaluation, et la capitalisation boursière des « sept magnifiques » a baissé d’environ 890 milliards de dollars en une seule séance. Au Canada, les investisseurs ont décortiqué les résultats des entreprises afin d’évaluer comment celles-ci faisaient face à la hausse des coûts d’emprunt, à l’évolution du contexte commercial et au ralentissement de la croissance économique. Du point de vue des marchés et des placements, les solides bénéfices des entreprises ont soutenu la Bourse, tandis que les préoccupations entourant les investissements dans l’IA ont accentué la volatilité de titres des grandes sociétés technologiques

Le saviez-vous?

En juillet, les gouvernements du Canada et de l’Alberta ont annoncé leur intention de faire progresser les discussions entourant le Projet Pathways, une initiative de captage et de stockage du carbone proposée par les principaux producteurs canadiens de pétrole issu des sables bitumineux. Le but est de capter le dioxyde de carbone et de le stocker sous terre, ce qui permettrait de réduire les émissions tout en soutenant la compétitivité à long terme du secteur énergétique canadien. Les partisans du Projet Pathways soutiennent qu’il pourrait stimuler l’investissement, soutenir l’emploi, renforcer les exportations d’énergie et favoriser la croissance économique. L’initiative figure ainsi parmi les projets d’infrastructure les plus suivis au Canada.

Points de vue de nos gestionnaires de portefeuille

Comme il est expliqué dans le présent numéro de Placements – L’express mensuel, les marchés continuent de faire preuve de résilience malgré une conjoncture macroéconomique délicate. Dans ce contexte, l’équipe Gestion multi-actifs surpondère légèrement les actions, en étendant la diversification au-delà des sociétés américaines à très grande capitalisation. Elle mise sur une exposition sélective aux marchés émergents et privilégie les titres à revenu fixe de grande qualité comme source de stabilité et de revenu.

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Le nouvel épisode de la guerre tarifaire et la dégradation de la situation géopolitique rappellent que l’incertitude peut surgir rapidement, même lorsque les marchés tournent rondement. Dans un contexte où possibilités de croissance et risques s’entrecroisent, nous estimons que la meilleure approche consiste à maintenir une bonne diversification, à privilégier les actifs de qualité et à garder le cap malgré la volatilité.

— Craig Maddock, v.-p. et gestionnaire de portefeuille principal, chef de l’équipe Gestion multi-actifs